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Père Georges FONFERRIER

 Un parmi les 600 !

Missionnaire au Gabon depuis 52 ans, il se souvient de ses trois années  de formation comme jeune séminariste pour la Mission.

 

RSJ - Vous êtes de la Drôme en raison du travail de votre Papa à la Banque de France ?

P. Fonferrier De fait, je suis né à Valence le 8 octobre 1927. Tout jeune, j’ai fréquenté l’Ecole Saint-Appollinaire, à Valence. J’ai songé très vite à être prêtre et je m’en suis ouvert à mes parents. Ils m’ont encouragé. Au moment d’entrer au Petit Séminaire, j’ai précisé que je choisissais d’être prêtre pour l’Afrique. Papa m’a dit : Mais je ne connais pas d’endroit où on prépare des jeunes pour l’Afrique. Papa s’est ouvert de cette question au P. Emir Gaulard, économe d’Allex qu’il rencontrait à la Banque. La réponse a été claire et nette : Qu’il vienne à Allex !

 

RSJ – Comment avez-vous passé ce temps de formation à Allex ?

P. Fonferrier – J’y suis arrivé en 1942, à 15 ans, et pour y faire trois années d’études. Les noms des Pères qui me reviennent : le P. Benoît Limbour, le fondateur de l’Ecole des Petits Clercs de Saint-Joseph à Allex, le P. Etienne Vogel et surtout le P. Gemmerlé, directeur de la division des grands. Nous avions de temps en temps des causeries de missionnaires Spiritains de passage. En septembre 1945, je suis parti en soutane pour le noviciat de Cellule. La prise de soutane était comme la concrétisation de la première réponse à notre vocation.

Père Georges Fonferrier, en 2004, nous a donné un interview très intéressant au moment où il se préparait à quitter le Gabon.

 

RSJ – C’est à Allex que vous avez fêté vos 50 ans de vie missionnaire, en septembre 2002 ?

P. Fonferrier – Oui ! Ma sœur m’a fait cette surprise de préparer mon jubilé d’or missionnaire à Allex. Ce fut une très bonne idée ! Papa est mort au cours des bombardements de 1944. Depuis 1958, date du décès de Maman, je n’avais plus de famille dans la Drôme. Je suis revenu l’une ou l’autre fois à Allex pendant mes congés. Y revenir pour ce jubilé m’a fait grand plaisir et j’ai retrouvé le lieu de ma formation missionnaire, en étant, comme vous le dites, l’un des 600 missionnaires dans le monde, formés à Allex.

 

RSJ – Je crois que si vous évoquez cette vie missionnaire cela va faire plaisir aux lecteurs de la Revue Saint-Joseph.

P. Fonferrier -  C’est en septembre 1953 que je pars pour le Gabon. Mgr Jean-Jérôme Adam me retient une première année au Petit Séminaire de Libreville. Je suis ensuite envoyé à Oyem pour faire équipe avec trois autres Père et deux Frères. Cela ne dure pas, car la mission de Port-Gentil, fondée en 1927 par le P. Jean-Baptiste Barreau, a besoin de monde. C’est là sur cette île à l’embouchure de l’Ogoué que je vais vivre 22 ans, de 1955 à 1977. Trois paroisses viendront s’ajouter à celle de Saint-Louis. Saint-Paul me reste la plus chère car j’ai activement participé à sa construction. Puis, il y aura celles de Sainte-Barbe construite grâce au travailleur infatigable qu’était le Frère Régis Charles-Donatien et de Sainte-Thérèse réalisée par Jean Macé.

 

En 1977, Mgr Anguilé me propose de rejoindre le projet d’implantation d’une paroisse au Port d’Owendo, se développant très vite en eau profonde. Je fais communauté pastorale mixte avec un Salésien de Don Bosco. La population grandit très vite. C’est au cœur de ce peuplement que nous construisons la mission et paroisse de Notre-Dame du Port d’Owendo et de la Nomba (nom de la colline). Ensuite, seront installées la communauté des Religieuses Salésiennes et les œuvres qu’elles ont développées : centre professionnel pour femmes et jeunes filles, jardin d’enfants et école primaire. Voilà donc les 28 ans qui font le compte !

 

RSJ – Vous retournez bientôt faire vos adieux au Gabon ?

P. Fonferrier – Adieu au Gabon, c’est vrai ! Mais la relève des prêtres d’Afrique Centrale et des missionnaires Spiritains africains  est là. Ma santé ne me permet plus de tenir là-bas. Je rentre pour vivre ma vie missionnaire autrement. Je suis reconnaissant d’abord à Dieu pour la grâce de cette vie missionnaire en Afrique. Je garde aussi le souvenir de tous ceux et celles que nous avons évoqués dans ce dialogue. Merci !

 

RSJ- Merci aussi à vous, P. Georges et à Dieu va !