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EDITORIAL

Les chrétiens dans le monde

 

Le chrétien, frère universel


Dans la conscience spontané de chacun, la fraternité se limite à  la vie familiale. Le lien du sang est reconnu par tous. Tout le monde se fait une obligation d'assumer la responsabilité des relations qui en découlent même si des événements douloureux peuvent casser cette conscience spontanée et cela peut aller jusqu'à la rupture la plus triste que vivent certains frères ennemis.
La conscience fraternelle naturelle, parentale ou filiale, est faite de relations faciles et profondes qui n'ont pas besoin d'explication et englobent toute la vie. On connaît la réplique d'une fillette, portant un petit enfant sur le dos, À  un touriste qui avait voulu exprimer sa compassion en lui disant :"Tu portes là  un bien lourd fardeau!"La fillette avait répondu :" Ce n'est pas un fardeau, monsieur, c'est mon frère" (...) ...Suite...

La conscience sociale élargit la fraternité à divers autres groupes: famille élargie, tribu, nationalité, ou aute distinction apparente, sans galvauder le beau titre de frère ou de soeur. La conscience chrétienne met la fraternité à un autre niveau de réalité. Les premiers chrétiens se disaient frères entre eux comme on le voit dans les lettres de saint Paul. On pourrait dire que c'est aussi une fraternité de sang, puisque c'est la communauté de ceux qui se reconnaissent "sauvés" par le sang de Jésus Christ. Cette vérité de base dans la foi chrétienne fonde les relations réciproques de la vie nouvelle reçue au baptême en toute vérité.

De plus, le chrétien se reconnaît frère de tout homme, frère universel, parce qu'il sait que le Christ est mort pour tous les hommes et que tout homme est appelé à le reconnaitre en a&cceptant la foi chrétienne. Cette relation fraternelle n'est pas reconnue par celui qui n'est pas chrétien mais elle modèle le regard du chrétien sur les autres. Elle est propre au christianisme qui qualifie les relations vers les autres, non de simple altruisme ou de généreuse solidarité, mais de fraternité effective et afffective qui est bien exprimée dans la vie du Bienheureux Charles de Foucault qui a voulu être "Frère universel".

Nos voeux chaleureux de bonheur présent et futur vont à tous les hommes, à tous nos lecteurs et à tous ceux qui, selon leur condition chrétienne, fondent leur fraternité sur ce Grand Frère, Seigneur et Sauveur de tous, dans sa vie, dans sa mort et dans sa résurrecxtion.

P. Jean Savoie

 

 

Vivre notre condition chrétienne dans le monde

Malraux a décrit la difficile Condition humaine, heureuse ou tragique Balzac a développé La Comédie humaine et Dante a présenté la Divine Comédie. Il nous faut aussi prendre conscience de la condition chrétienne dans le monde actuel pour y vivre dans la sérénité de notre foi, en sachant combien cette condition peut être éprouvante pour certains d’entre nous.
Les premiers chrétiens ont su noter leur condition particulière dans ce texte anonyme du IIe siècle appelé la Lettre à Diognète. Cette apologie, peut-être rédigée à Alexandrie vers 190-200, est adressée sous forme de lettre à un païen de haut rang nommé Diognète.
« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou les rêveries d’esprits inquiets ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine…
Ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre.
Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants. […] Ils prennent place à une table commune, mais ce n’est pas une table ordinaire.
Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies. […] Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne. […] Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs.
En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de déserter. »
Nous voudrions, au cours de quelques numéros de la Revue Saint-Joseph d’Allex, réfléchir à notre condition actuelle de chrétiens. Nous le faisons en esprit de missionnaires qui cherchent aussi à proposer l’Évangile dans divers pays du monde.

P. Jean Savoie

 

QUE NOS VIES  SOIENT PRIÈRE

 

La prière surgit spontanément dans le cœur de l’homme aux grands moments de sa vie.

C’est comme une exclamation au plus profond de l’être : « Seigneur Dieu » ! Cri d’admiration devant un spectacle grandiose de la nature, ou cri d’horreur devant une catastrophe qui vient de frapper lourdement, ou débordement de joie intérieure lors d’une grâce reçue. La prière chrétienne est bien plus qu’une exclamation !

C’est une relation ; c’est un dialogue qui s’établit avec Dieu sur tout ce qui fait notre histoire et notre espérance. La prière chrétienne, c’est notre présence à Dieu là où notre vie se crée et se réalise dans la lumière de son amour.C’est justement pour cela que l’Esprit Saint nous a été envoyé : « L’Esprit que le Père vous enverra en mon nom, vous enseignera toute chose » a dit Jésus à ses apôtres.

L’Esprit en nous est la forme définitive de la Présence de Dieu. « Nous viendrons chez lui et nous y ferons notre demeure ».« L’Esprit nous affirme que nous sommes enfants de Dieu » (Rom 8, 14-17). Il nous pousse à appeler Dieu « notre Père ». 

Il suscite la prière en nos cœurs et nous fait voir en Dieu tout ce qui fait notre vie. 

« Nul ne peut dire ‘Seigneur’ qu’en l’Esprit de Dieu ».

Ainsi notre prière est louange et acclamation devant la réalisation du dessein de Dieu en nous et dans l’Eglise.

La prière est reconnaissance et remerciement en l’Esprit pour toute grâce sur les hommes.

La prière est intercession de l’Esprit en gémissements inénarrables pour toute détresse humaine.

Seule l’Esprit nous aide à prier « comme il faut ».

Inspirée par l’Esprit notre vie elle-même est prière, prière de louange, de remerciement, d’intercession, de don de soi.

Notre vie est engagement au service du dessein de Dieu et du bien des hommes,

pour contribuer à la construction du Royaume de justice et paix que l’Esprit nous suggère de construire.

Dans ces pages, après le témoignage sur l’après-midi du Pèlerinage et le reportage sur le travail des Spiritains à Taïwan,

vous pourrez laisser l’Esprit Saint vous inspirer la prière du cœur qui fait de toute notre vie une prière.

 

                                                                        Jean Savoie