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LECTIO DIVINA
Le chrétien sous la conduite de Dieu
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Un Dieu qui marche avec son peuple
« Le Seigneur dit à Abraham : “Quitte ton pays et la maison de ton père. […] Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom.” » (Gn 12, 1-3). Dieu fait irruption dans la vie d’Abraham pour que celui-ci se mette en route, avec une promesse aux dimensions du monde. Abraham ose fonder son existence sur la confiance en Celui qui est capable de réaliser sa promesse. Promesse qui implique au départ une rupture pour s’embarquer dans une aventure avec Dieu. Croire, c’est marcher avec Dieu ; c’est reconnaître Dieu à nos côtés. Une marche qui devient une parabole de communion avec Dieu. Dieu qui cheminera tout au long de l’histoire de son peuple. Nous faisons partie de ce peuple de croyants en marche, à la suite de nos ancêtres dans la foi. Dieu est avec nous. Sachons le reconnaître.
Prière :
Seigneur, même si je crois que tu es à mes côtés, j’ai parfois des doutes et je perds confiance. Laisse-moi croire que je suis dans ta main, que cette main me protège et me montre le chemin que je dois suivre.
La Parole de Dieu : lumière sur la route du croyant
« Heureux ceux qui marchent dans la Loi du Seigneur ! […] Guide-moi au chemin de tes commandements, car j’ai là mon plaisir. Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route » (Ps 119 1, 35 et 105).
Les psaumes chantent une foi en marche. Images de route, de chemin, de voie qui montrent le croyant en cheminement, avec le désir de vivre en communion avec Dieu : « Seigneur, guide-moi dans ta justice. […] Redresse devant moi ton chemin » (Ps 5, 9) ; « Tu m’apprendras le chemin de vie » (Ps 16, 11) ; « Fais-moi connaître tes voies » (Ps 25, 4) ; « Fais que je sache la route à suivre » (Ps 143, 8) ; « Conduis-moi sur le chemin d’éternité » (Ps 139, 24).
Cette route sur laquelle Dieu invite à marcher est chemin de vie et de bonheur pour celui qui se met à l’écoute de la Loi divine. Une Loi qui ne s’impose pas de l’extérieur, qui est inscrite dans une Alliance, dans le cœur du croyant : « Je mettrai ma loi au plus profond d’eux-mêmes, et je l’inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (Jr 31, 31-34).
Prière :
Merci Seigneur de marcher avec moi sur ce chemin de vie et de bonheur. Fais que je sois à l’écoute de ta Parole. Fais que j’accueille cette Parole comme Parole de vie.
Présence mystérieuse mais bien réelle sur le chemin d’Emmaüs
« Jésus rejoignit les deux disciples et fit route avec eux » (Lc 24, 13-35). Jésus ressuscité chemine avec ses amis. Mais eux sont incapables de le reconnaître. L’aventure est finie. « Nous espérions… » Comment croire après sa mort sur la croix que sa présence continue ? « Esprits sans intelligence, cœurs lents à croire… » Oui, c’est possible ! Il suffit de sortir de son aveuglement, de se mettre à l’écoute de sa Parole qui éclaire… « Je suis avec vous tous les jours… » Christ est vivant, présent… Pour celui qui croit, pour celui qui n’est pas enfermé dans ses certitudes, pour celui qui accepte de s’ouvrir aux autres. « C’est bien vrai, le Christ est vivant ! » Et il s’est fait reconnaître à la fraction du pain. L’aventure continue avec le Christ pour ses disciples, pour chacun de nous. L’essentiel est d’ouvrir son cœur à sa présence : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité ! »
Prière :
Seigneur, je sais que tu chemines avec moi, sur une route parfois pleine d’embûches, qui me font douter de toi. Ouvre mon cœur à ta Parole, ouvre mes yeux à ta présence. Tu es et restes mon fidèle compagnon de route. Sur les chemins de la vie, tu es ma lumière, Seigneur !
Une force et un guide en personne : l’Esprit Saint
« Je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours. C’est lui l’Esprit de vérité. […] Vous, vous le connaissez car il demeure auprès de vous et il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous » (Jn 14, 16-18).
Jésus a besoin de rassurer ses disciples au moment de sa passion. Son départ physique ne signifie pas la fin de sa présence. Le don de l’Esprit va assurer aux apôtres la communion avec le Christ. « Le Seigneur agissait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient » (Mc 16, 20). Il sera force et soutien efficaces dans leur mission d’évangélisation : « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples. […] Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20).
Un chrétien n’est jamais orphelin. Il sait dans la foi que l’Esprit Saint agit dans son cœur et dans toute sa vie. Esprit de vérité et de lumière qui l’aide à discerner la présence de Dieu dans le quotidien de sa vie.
Comme les disciples de Jésus, nous avons besoin de cet Esprit pour avancer, pour grandir dans notre vie chrétienne.
Prière :
Esprit Saint, je perds souvent tout repère. Je ne sais où me mène mon chemin… Indique-moi la voie qui va m’amener à plus de vie et de liberté. Lorsque je ne sens plus la vie couler en moi, verse toute ta puissance divine en mon cœur. Redresse-moi, rends-moi fort, guéris-moi et défais les chaînes qui me tiennent prisonnier (d’après une prière d’Anselm Grün).
La communauté chrétienne réunie : lieu de discernement de la présence du Christ
« Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux… » (Mt 18, 20).
Nous avons besoin de signes, de repères qui nous disent la présence du Christ. La communion fraternelle, l’unité au nom de Jésus, l’amour manifesté entre frères montrent que Dieu est là. Les premiers chrétiens l’ont compris : « La communauté de ceux qui étaient devenus croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme. […] Et une grande grâce était à l’œuvre chez eux tous » (Ac 4, 32). C’est la chance du « vivre ensemble » des chrétiens. Il incarne la présence aimante de Dieu. Puissions-nous vivre aujourd’hui, dans notre communauté chrétienne, cette solidarité, cette unité.
Prière :
Merci Seigneur pour mon Église, pour mon frère, ma sœur, qui me rappellent par leur vie de foi et leur engagement que tu es à l’œuvre en moi et en chacun de nous. Aide-nous à bâtir l’unité entre nous, à vivre la solidarité. Ils disent que tu es toujours là au milieu de nous et que tu accompagnes ton Église jusqu’à la fin des temps.
P. Étienne Lefèvre
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Prière :
Aimer à la manière de Jésus est exigeant, engageant. Dans les rapports avec les autres, en communauté, en famille, au travail, aimer c'est : reconnaître l'autre tel qu'il est, avoir une parole de bienveillance pour celui qui est tombé, savoir respecter sa différence, donner du temps gratuitement pour aider ceux qui sont dans le besoin, accueillir l'autre comme une personne qui est aimée de Dieu et que nous avons à aimer, entrer dans la logique du don, avec humilité et douceur ! Chacun peut continuer à décliner les actes concrets d ?un amour vrai qui sont à sa portée et qui nous font disciples du Christ. « On vous reconnaîtra comme disciples à l'amour que avez les uns pour les autres. »
Être dans le monde et non du mondeLa condition chrétienne est une marche du croyant vers l’objet de ses espérances. Le croyant connaît ses manques. Il est en forte tension vers les biens que seul Dieu veut et peut lui donner. Sa prière c’est d’espérer avec confiance en Dieu.. |
L’espérance d’Abraham, le croyant
« Espérant contre toute espérance, Abraham crut et devint ainsi le père d’un grand nombre de peuples » (Rm 4, 18-21).
L’espérance met en route. Abraham a entendu une promesse de Dieu qui lui demandait de partir de chez lui, d’aller vers l’inconnu. Comme tout homme, il avait sans doute des raisons de refuser, d’avoir peur. Mais sa foi en Dieu, sa confiance, lui ont permis de répondre et d’accepter cette aventure qui fera de lui le père des croyants.
Depuis notre baptême, Dieu nous appelle à marcher avec lui. À prendre une route qui n’est pas toute tracée. Il y a toujours une part d’inconnu et des obstacles. Le doute peut s’installer, la peur nous paralyser. Quand la foi est mise à rude épreuve, nous avons à nous raccrocher à Celui qui est et reste notre compagnon de route et qui ne peut qu’être fidèle à ses promesses.
Prière :
Seigneur, le chemin de la foi est parfois bien rude. Tu m’appelles jour après jour à avancer, parfois dans la lumière, parfois dans l’obscurité. Je sais que tu es toujours présent à mes côtés. Je sais que tu ne peux m’abandonner et je te fais confiance.
L’espérance de Paul, saisi par le Christ, et tout tendu vers lui.
« Frères […] une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière et lancé vers l’avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. Nous tous qui sommes adultes dans la foi, nous devons tendre dans cette direction » (Ph 3, 13-15).
Tendu en avant pour atteindre le but ! Pour Paul, le but à atteindre et le prix à gagner ne sont pas fonction de l’observance rigoureuse des préceptes de la Loi ou des récompenses gagnées au bout de grands efforts. Le but, c’est quelqu’un qui exerce une telle attraction que l’on ne peut que s’élancer à sa rencontre. Le but, c’est Lui, le Christ. Le prix, c’est aussi Lui. Exister, c’est être en sa présence et vivre de sa vie sur laquelle la mort n’a plus aucun pouvoir.
Voilà aussi notre espérance donnée par le Christ, qui nous attire à lui, qui nous fait exister. Le dynamisme, la force d’avancer prend d’abord sa source en Christ, plutôt que dans l’observance aux lois.
Prière :
Seigneur, comme Paul, je poursuis ma course. Je sais que j’ai besoin de toi pour avancer. Merci Seigneur pour ta présence. Elle me dit et me rappelle l’essentiel de la vie. Au terme de l’existence, c’est Toi qui m’accueilleras.
Notre espérance d’enfants de Dieu
« Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3, 2).
Enfants de Dieu, nous le sommes à cause de l’amour du Père. « Voyez quel amour nous a donné le Père, que nous soyons appelés enfants de Dieu » (1 Jn 3, 1). Un don qui ouvre en même temps un avenir qui nous dépasse : être semblable au Fils de Dieu ! La vie d’enfants de Dieu est illuminée de cette espérance, tendue vers Dieu lui-même. Notre vie est à la fois don reçu et projet en voie d’accomplissement.
Nous portons en nous des projets, des espérances auxquels nous nous agrippons, qui nous font oublier un projet de Dieu plus grand que nos pensées, plus à même de nous donner du souffle et de l’espérance.
Accueillons jour après jour cette vie de Dieu reçue le jour de notre baptême. Elle n’est pas un dépôt à laisser dormir tranquillement dans un coin de notre vie. Elle révèle une vocation d’enfants de Dieu que nous avons à réaliser, à nourrir, à faire grandir, non à la force des poignets, mais en nous laissant de plus en plus envahir de l’amour de Dieu. C’est lui le moteur de notre vie qui nous fait avancer dans la bonne direction, qui nous fait espérer qu’un jour nous verrons Dieu tel qu’il est.
Prière :
Merci Seigneur de me rappeler aujourd’hui que je suis ton enfant. Tu m’appelles à vivre de ta vie. Chaque jour, tu me donnes tes grâces
pour accueillir ton amour de Père. Donne-moi de ne pas m’enfermer dans mes projets, dans mes désirs. Que ton Esprit de force et de lumière m’ouvre l’esprit et le cœur pour réaliser ton projet, dans l’attente de te voir face à face.
Une espérance fondée sur la fidélité du Seigneur
« Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis » (He 10, 23).
Continuer à avancer, malgré tout… malgré les difficultés, celles qui peuvent être autour de nous, celles que nous mettons nous-mêmes : découragement, doute, questions sans réponses…
Il nous faut alors lever les yeux vers Celui qui est promesse de bonheur, de joie, de vie, en plénitude. Et Celui-là ne peut nous abandonner, nous tromper. Si nous oublions que la vie se joue dans la confiance et la fidélité, nous n’existons plus. Le croyant ne peut se fier à lui-même pour atteindre l’avenir de Dieu. Il ne peut que l’espérer, dans la confiance, du Dieu en qui il croit et qui seul le rend capable d’avancer sur le chemin.
Prière :
Combien de fois me suis-je surpris à désespérer devant toi, à cause des épreuves ou des souffrances, oubliant que tu es le Dieu de la Vie et du Bonheur ? Combien de fois aussi me suis-je surpris à vouloir tout gérer dans ma vie matérielle et spirituelle, alors que tu es mon compagnon de route ? Tu es l’Esprit vivifiant qui souffle dans ma vie. Tu es la flamme qui jamais ne s’éteint.
Une espérance vécue dans la grâce à l’abandon
Prions simplement avec le psalmiste :
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie : devant qui tremblerais-je ? » (Ps 26, 1).
Une conviction de foi du croyant qui ne peut avoir peur avec Celui qui est le Roc, sur qui il peut s’appuyer au moment des turbulences.
Une conviction de foi qui conduit à la reconnaissance de nos limites, de nos faiblesses, pour nous plonger avec confiance dans les bras de Dieu.
Espérer, c’est se décentrer de soi-même, se dépouiller de ses richesses et de ses certitudes, pour s’ouvrir à l’essentiel.
Prière :
« Tu nous sais parfois si dépourvus et vulnérables. Sois remercié, Seigneur, pour la fragilité humaine, puisqu’elle nous introduit sur le chemin où te faire confiance éveille à l’unique essentiel : ta vie au-dedans de nous. » (Frère Roger)
P. Étienne Lefèvre
L'ESPRIT SAINT MAITRE DE LA PRIERE
Prier à la suite de Jésus
Il est important de se dire ou de se redire que la
prière n’est pas d’abord une affaire de volonté,
une obligation… Par nous-mêmes, nous ne savons pas
prier. Nous-mêmes nous pouvons nous questionner sur la
façon de prier. Nous avons l’impression d’être vite dépassés.
Il faut alors aller à l’essentiel et regarder la prière de Jésus.Jésus a prié sur la montagne, dans la nuit,
dans les plaines de Palestine,
dans le jardin de son agonie, sur la croix.
Sous l’action de l’Esprit Saint, il loue son Père pour tous ces petits
seuls capables de se tourner avec confiance comme lui vers son Père.
« Il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et dit :Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre,
d’avoir caché cela aux sages et aux habiles et
de l’avoir révélé aux tout petits.Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir […] » (Lc. 10, 21)
Prier à la suite de Jésus, c’est devenir « petit » devant Dieu,c’est faire confiance, c’est avoir un coeur de pauvre
capable de se remplir de la richesse de Dieu,
c’est être ouvert à l’action de l’Esprit pour appeler Dieu « Abba »,
comme Jésus. Cela peut passer par une certaine obscurité,
une impression de vide. Il nous faut moins faire par nous-mêmes,
renoncer à nos bonnes intentions,
pour laisser Jésus s’inviter en nous et venir prier.
Prière :
« Toi seul, Seigneur tu sais prier… Toi, Seigneur, tu es le
Maître de la prière. Et tu as donné à chacun de nous, comme
maître personnel, l’Esprit Saint. C’est seulement dans la
confiance en toi, Seigneur, Maître de prière, adorateur du
Père en esprit et en vérité, c’est seulement dans la confiance
en l’Esprit qui vit en nous, que nous pouvons chercher à dire
quelque chose… » (extrait d’une prière du cardinal Carlo
Martini tirée de Mon jardin secret, p. 17)
La prière : fruit de l’Esprit qui prie en moi
« […] L’Esprit vient en aide à notre faiblesse, car nous ne
savons pas prier comme il faut […] » (Rm 8, 26).
Le danger est de se substituer en toute bonne conscience à
l’action de l’Esprit Saint. On vise une technique qui, bien
appliquée, assurerait à coup sûr le résultat. Or la prière
est ailleurs. Non seulement elle n’est pas au bout de nos
efforts, mais elle est même au-delà des états d’âme ou des
sentiments que la Parole de Dieu peut éveiller en nous.
Saint Paul le rappelle. Nous ne savons pas prier comme
il faut. Mais l’Esprit Saint nous vient en aide. La vraie et
bonne méthode de la prière est celle qui met en contact
avec cette action intérieure, avec cet « hôte » intérieur qui
habite en nous. « Voilà que tu étais au-dedans de moi, mais
moi je me trouvais à l’extérieur et c’est là que je te cherchais…
Tu étais avec moi, mais moi je n’étais pas avec toi » (saint
Augustin dans ses Confessions).
Prière :
Seigneur, tu nous dis : quand vous priez, ne rabâchez pas
comme les païens. J’ai souvent l’impression que ma prière n’est
qu’un flot de paroles. Je me parle trop à moi-même. Tu m’invites
à ta prière. Ouvre mes mains,
ouvre mon coeur, afin que la prière
jaillisse comme un don du Seigneur,
afin que l’Esprit me fasse découvrir ta
présence qui prie en moi.
L’Esprit fait de nous des fils adoptifs.
L’apôtre Paul qui n’a pas connu le Jésus terrestre reprend le terme araméen
employé par Jésus « Abba » pour parler de Dieu-Père.Invocation reprise par les premiers chrétiens.
Pour Paul, c’est le Saint Esprit qui nous fait lancer cette invocation
ou même qui la crie en nous. « Dieu a envoyé dans nos coeursl’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ! » (Ga 4, 6).
L’attitude fondamentale de celui qui prie c’est l’attitude filiale.
Nous nous situons devant Dieu comme des enfants
devant leur papa. L’envoi de l’Esprit
donne de prendre conscience de cette
nouvelle identité du croyant et d’accueillir
l’amour de Dieu dans toute sa vie. « […]
L’Amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs
par l’Esprit Saint qui nous a été donné […] » (Rm 5, 5).
« Vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende
esclaves et vous ramèneà la peur, mais un Esprit
qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel
nous crions : Abba, Père.
Cet Esprit lui-même attesteà notre esprit ue nous sommes enfants de Dieu […] »
(Rm 8, 15-16).
Dans notre vie chrétienne, nous avons à prendre
conscience que nous sommes enfants de Dieu. Dieu est
Père. Que de conversions à faire pour le réaliser ! La dureté
de la vie, les épreuves laminent notre foi. Nous oublions
facilement ce visage de Père, à cause de la peur, du
manque de confiance et d’abandon. Reconnaître en toute
humilité et vérité ses faiblesses sous le regard miséricordieux
de Dieu permet de faire grandir la confiance filiale,
sous l’action de l’Esprit Saint.
Prière :
Seigneur, je suis ton enfant et tu es mon Père.
Que de fois, je l’oublie.
Que de fois je me comporte comme le fils rebelle,
ingrat, au coeur dur, qui ne sait plus reconnaître
et accueillir la tendresse de son Père. Ouvre mon
coeur à l’action de ton Esprit. Avec Lui, dans
l’humilité et l’abandon, je peux me tourner
vers toi et te redire avec confiance la prière
des enfants de Dieu.
L’Esprit nous donne d’entrer dans le mystère de Dieu
Paul partage son expérience de foi et invite les
chrétiens à s’enraciner dans l’amour de Dieu.
« Je fléchis les genoux en présence du Père […]
Qu’il daigne […] vous armer de puissance par
son Esprit pour que se fortifie en vous l’homme
intérieur […] que vous soyez enracinés, fondés
dans l’amour […]
Ainsi vous connaîtrez l’amour du Christ qui
surpasse toute connaissance, en sorte que vous
soyez remplis de toute la plénitude de Dieu »
(Ep 3, 14-19).
L’Esprit rend possible la vraie foi, l’authentique
adoration du Père « en esprit et en vérité » (Jn 4, 23).
C’est l’Esprit qui conduit le disciple vers la vérité tout entière,
qui fait découvrir la véritable identité de Jésus et celle
de son Père. C’est l’Esprit qui introduit les amis de Jésus
dans l’intimité de la vie trinitaire.
Puissions-nous, comme les disciples de Jésus, comme Paul,
nous mettre sous la puissance de cet Esprit. Dans une attitude
priante, « en fléchissant les genoux », à la manière du
publicain, comme un pauvre, qui a conscience de n’avoir
rien à apporter, mais tout à recevoir. Nous pourrons ainsi
progressivement découvrir l’amour de Dieu et en vivre au
quotidien.
Prière :
Seigneur, parfois, je ne sais plus du tout comment
te prier. Esprit Saint, viens-moi en aide !
Prie en moi. Fais-moi connaître les profondeurs
de mon être et emplis-moi de ton amour et de ta lumière.
Ainsi, je serai ainsi davantage au service de
mes frères et soeurs, pour accueillir, réconforter,
donner, partager, en un mot aimer.
Étienne Lefèvre