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BIOCARBURANTS : rêve ou réalité

Afin de respecter ses engagements, dans le cadre du protocole de Kyoto, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la France a lancé en 2004 son Plan climat. L’une des actions phares en est le développement de certains biocarburants (éthanols et esters d’huiles), avec un objectif fixé à 5,75 % d’incorporation dans les carburants d’ici 2010 ; et même de 7 %, puis 10 %  d’ici 2015,  selon  la déclaration sur la politique énergétique du 15 mai 2006.  Deux appels d’offres ont été lancés qui permettent la construction de 16 usines nouvelles, avec deux milliards d’euros d’investissements.

 

De quoi parle-t-on ?

Le bio de biocarburant ne fait aucunement référence au label agriculture biologique comme on pourrait le penser, mais indique que les biocarburants sont issus de la biomasse, par opposition aux carburants d’origine fossile (pétrole, gaz, charbon).  

La filière des oléagineux (colza, tournesol, palmier à huile) produit de l’huile par pressurage de la graine. Elle peut s’utiliser brute comme carburant dans un moteur diesel. On peut également fabriquer des esters méthyliques d’huile végétale, utilisés comme additifs au diesel, on les appelle le diester.

La filière des cultures sucrières (betterave, canne à sucre) et des plantes contenant de l’amidon (blé, maïs, manioc) produit, par fermentation, de  l’éthanol utilisable pur, sous réserve de modifier les moteurs ou en mélange direct avec de l’essence.

Le biogaz, c’est le méthane qui se dégage de la fermentation anaérobie de matière organiques (déchets alimentaires, pailles et produits des cultures).

 

Des questions se posent

Trois questions essentielles d’abord : l’efficacité énergétique (rapport entre l’énergie produite et l’énergie nécessaire à la production) des biocarburants est-elle vraiment satisfaisante ? Quel est leur réel impact sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Quel en est le coût pour la collectivité ?

Au plan pratique ensuite, la réglementation s’oriente vers l’utilisation des huiles végétales pures comme carburant agricole à partir du 1er janvier 2007. On peut souhaiter que 5 à 10 % de gros utilisateurs brûlent au minimum 50 % de biocarburants pour leurs gros engins de travaux publics. On peut hésiter pour les voir utilisées par tous les Français en raison de problèmes techniques de production (surfaces agricoles à y consacrer) et  d’adaptation des moteurs.

Existe-t-il d’autres choix plus crédibles, et si oui, pourquoi ne sont-ils pas mis en avant ?

Selon un texte de Marie-Aude Siroy,

dans l’Age de faire – n° 5 - Octobre 2006   

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