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Eau pour tous !

 

LE CHEMIN DE L’EAU


Gihon

Retournons au paradis. D’après le beau poème de la Genèse, quatre fleuves sortaient du paradis pour irriguer la terre.

Gihon était le nom de l’un d’eux. Quand l’auteur biblique, s’adressant au peuple d’Israël, veut lui faire aimer la Loi que Dieu lui a donnée, il lui parle du paradis et de ses fleuves.

De même que ces fleuves apportaient la fertilité, l’abondance et la vie partout où ils passaient, de même la Parole de Dieu communique à profusion les dons du Saint Esprit et tout particulièrement la sagesse.

Gihon est aussi le nom de l’unique source qui, primitivement, alimentait Jérusalem, la ville du Temple, la ville où Jésus a vécu sa Passion.

Souvent, dans les mosaïques chrétiennes, nous voyons quatre fleuves qui coulent depuis le pied de la Croix, véritable arbre de vie. La Croix du Ressuscité est la parole définitive de Dieu sur notre monde. C’est la parole du salut. C’est la sagesse suprême.

Nazareth

Quand on visite Nazareth, on ne peut pas manquer la Fontaine de la Vierge.

Juste à côté, la source correspondante se trouve dans une église orthodoxe.

Nazareth nous fait penser à Marie, cherchant l’eau à la fontaine, chaque jour, comme les autres femmes du village.

Nazareth nous fait penser à Bernadette.

Au jour de l’Annonciation, Marie n’était peut-être pas beaucoup plus âgée que Bernadette en 1858 :

14 ans.

La belle dame apparaît d’abord à Bernadette comme une petite demoiselle, pas plus grande qu’elle.

Le puits de Jacob

Comment aurait-elle pu savoir cette femme de Samarie, qui est Jésus ?

Juifs et Samaritains n’avaient pas de relations et, s’ils en avaient, elles étaient plutôt mauvaises.

Jésus surprend.

La femme ne va pas croire tout de suite. Mais au moins, elle s’intéresse ; elle répond, elle réplique.

Arrivés à cette fontaine, c’est la première grâce à demander : que Jésus, à nouveau, nous étonne et qu’il ne nous lâche pas, tant que nous n’aurons pas répondu.

La femme de Samarie n’avait pas tout compris.

Mais elle avait été tellement bouleversée qu’elle avait laissé là sa cruche et qu’elle était partie, en courant, prévenir les gens de la ville.

La piscine de Bethesda

Autour de cette piscine, à Jérusalem, tout près du temple, se rassemblait une foule d’infirmes, de boiteux, d’aveugles, de handicapés, dirions-nous aujourd’hui.

Le bruit courait que, de temps en temps, l’eau s’agitait et que le premier à descendre dans la piscine était guéri.

Jésus vient dans ce lieu où se rencontrent le malheur et l’espoir. Il voit un homme qui était infirme depuis trente-huit ans. Celui-là n’a plus d’espoir. Il n’a plus que son malheur. Jésus engage un dialogue au sujet de sa guérison.

Il est curieux d’avoir donné le nom de Bethesda à une fontaine, ici à Lourdes, sur le chemin de l’eau puisque Jésus n’a pas plongé l’infirme dans la piscine. Cela doit nous préserver de toute vision magique. L’eau est un signe mais la réalité, c’est la grâce de Dieu.

Quand on interrogeait Bernadette sur les miracles, elle disait qu’il ne fallait pas les attribuer à l’eau de la source elle-même, mais à la foi et à la prière.

L’autre piscine : Siloé

Cette fois-ci, il s’agit d’un aveugle.

L’Evangile ne précise pas son âge mais il est aveugle de naissance.

Cette piscine a un nom prédestiné : envoyé.

Dans saint Jean, c’est le mot qui est employé le plus souvent pour désigner le Christ :

il est l’Envoyé du Père.

Au terme du parcours, nous voici donc arrivés à une fontaine qui porte le nom de Jésus lui-même. Cette fontaine et l’évangile de Siloé nous rappellent ce qui s’est passé à Lourdes.

Le 25 février, Bernadette découvre la source mais l’eau est boueuse.

Le lendemain, 26 février, la Dame n’apparaît pas mais le premier miracle se produit. Il s’agit d’un aveugle, Louis Bouriette, qui avait perdu la vue dans un accident de travail. Il est guéri ce jour-là, quand l’eau de la Grotte baigne ses yeux.

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