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Randonnées

 

Sentiers-pèlerins de Compostelle

  Chant des pèlerins   

A l’étape de Conques, sur le chemin de Compostelle partant du Puy-en-Velay, deux contacts ont été plus marquants :

celui d’un jacquet, Ivan-Marie,

celui de Pauline, hospitalière ayant vécu elle-même cette expérience.


Ivan-Marie

Homme de la quarantaine, il entreprend une marche qui va lui demander deux mois. Il est parti du Puy-en-Velay et s’est arrêté une bonne journée à Conques pour reprendre des forces et mettre de l’ordre dans le peu de vêtements qu’il a emportés. Il précise que tout a été calculé afin de ne pas dépasser les 8 kilos du sac. Il s’est muni fort astucieusement de deux bâtons dont il dit l’utilité pour rythmer sa marche et le soutenir dans les dénivelés souvent abrupts.

Il est tout sourire lorsqu’il partage ses premières expériences. Sur le sentier, je suis le plus souvent seul, même si nous nous crois ou devançons au cours d’une halte.

Il y a la coutume du cri de ralliement : Ultre-ïa !

C’est à l’étape que l’on se souvient des gens rencontrés. La solitude est un aspect de la démarche pour les pèlerins qui envisagent une rupture d’avec eux-mêmes et d’avec tout ce qui les a un peu enfermés. Démarche intérieure en même temps que la longue marche sur les sentiers de la voie de Compostelle.

 

Au détour du chemin, des choses toutes simples sont offertes. Gestes presque inconnus : Servez-vous ! Il y a de l’eau maintenue fraîche en permanence. C’est aussi un thermos d’eau chaude avec sachets de café ou de thé pour une bonne boisson chaude le matin ou par temps de pluie. Les étapes habituellement bien prévues sont animées par des chrétiens (voir charte). On en compte une douzaine du Puy-en-Velay jusqu’à Roncevaux. Je suis prêtre, précise Ivan-Marie, et je participe à l’Eucharistie selon l’horaire envisageable pour l’étape à faire. Je peux aussi la proposer aux autres pèlerins, à l’occasion. Mais là aussi, je ne force rien, c’est un peu un aspect de ma rupture.

Pauline

Elle est hospitalière à l’étape de Conques. Une des chrétiennes de l’équipe qui s’engage à fond sur les aspects de la charte. C’est une course au téléphone qu’elle mène en cette période où les jacquets sont sur l’une des voies de Compostelle, celle dite Via Podiensis ou du Puy-en-Velay. L’équipe est très performante. C’est de convictions profondes qu’il s’agit, car Pauline, comme tant d’autres, a fait de sa marche une démarche et gun compagnonnage avec le Seigneur Jésus comme sur le chemin d’Emmaüs.

Quand on évoque ces chemins-pèlerins comme une simple itinérance sur des chemins de mémoire, Pauline s’émeut de cette réduction du pèlerinage authentique d’aujourd’hui. Elle connaît les pèlerins et leur cheminement spirituel.

Au moment de la bénédiction des pèlerins, le soir, dans la basilique Sainte-Foy, on lui donne pleinement raison. Le chant des pèlerins, la remise du livret d’Evangile et l’envoi pour la marche et peut-être pour la démarche engagent bien au-delà de l’itinérance selon des repères tout juste ethnologiques. Point d’hésitation pour Pauline : c’est une aventure spirituelle !

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