Maison et sanctuaire saint Joseph Allex
Maison et sanctuaire saint Joseph Allex

GARDONS CONFIANCE

 

Face aux difficultés de la vie, il ne faut pas baisser les bras trop vite.

La confiance en Dieu et la patience finissent toujours par éclairer nos sombres chemins.

 

Lors de son passage à Bangui, fin novembre 2015, le pape François a ouvert la <porte de la miséricorde> à la cathédrale.

Ce geste symbolique a eu un impact bienfaisant dans le pays. Le lendemain, François a rencontré la communauté musulmane à la mosquée, ce qui, selon les journalistes, était une démarche <risquée>. L'audace et la détermmination du pape François ont conforté le désir de paix des Centrafricains qui souhaitent voir la fin des violences et l'engagement dans un processus de réconciliation et de paix.  Son témoinage et ses appels répétés à la fraternité ont fortement soutenu les efforts de tous ceux qui travaillent pour le retour au calme et la remise en route des institutions de l'Etat.

L'année de la miséricorde est toute heureuse d'une porte qui s'ouvre, en nous. L'exemple de Bangui nous rappelle que cela ne fera qu'au prix d'initiatives concrètes, patientes, difficiles souvent, <risquées> parfois. Mais au bout, il y a la joie, le pardon reçu et donné, des noeuds qui se défont, des liens qui renaissent, des rencontres possibles et au fond de nous, une libération, la paix...

Cette perspective heureuse ne gomme pas une autre partie de notre expérience, qui est faite de portes qui se ferment. Cela nous arrive pour de multiples raisons. Soudain, un évènement, un accident, une maladie, un deuil nous <tombe dessus> et change le cours de la vie. Rien ne sera plus comme avant. Parfois, ce sont des conflits, des attachements ou des passions, des refus, qui brisent, blessent, enferment dans le mutisme et entraînent des séparations douloureuses. Plus habituels sont les obstacles, les contretemps, les divergences de vue qui s'opposent à notre désir, ralentissent ou contrarient des projets. Enfin et de façon plus positive, ce sont nos orientations, nos choix délibérés, qui, tout en ouvrant une voie, en éliminent d'autres.

 

COMMENT ACCUEILLIR CES EVENEMENTS?

 

Est-il juste de ne considérer que la douleur d'une page qui se tourne? L'Evangile invite à élargir son regard, à voir aussi ce qui est en train de s'ouvrir au-delà, ailleurs. En saint Luc 4, 14-30, le passage de Jésus à Nazareth tourne mal et ses concitoyens finissent par le rejeter. Toutefois, cela ne l'empêche pas d'entrer dans sa mission qui est d'annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. <Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.>

Quand des gens de Samarie lui refusent l'hospitalité, Pierre et Jean deviennent violents, souhaitant <qu'un feu tombe du ciel et les détruise>. Jésus les réprimande, car il respecte la liberté de chacun et espère que d'autres, ailleurs, lui ouvriront leur porte. <Puis, ils partirent pour un autre village> (Lc 9, 52-56).

Une autre fois, c'est Jésus qui refuse qu'un homme embarque avec lui. Délivré d'une <légion> de démons, rendu à lui-même, <habillé et revenu à la raison>, l'homme est pourtant assis à ses pieds, en vrai disciple. Mais Jésus lui donne une autre mission : <Retourne chez toi et racoonte tout ce que Dieu a fait pour toi> (Lc 8, 26-39).

Les portes fermées feront partie de la mission des apôtres après la Pencôte. Loin d'arrêter l'élan missionnaire, elles seront l'occasion de nouveaux départs.

 

Des synagogues aux places publiques :

 

Rejetés des synagogues, les apôtres vont se tourner vers les païens (Ac 13, 44-49). Eux aussi ne sont pas bien reçus partout. Néanmoins, ils voient les obstacles à leur mission comme des signes de l'Esprit : "Le Saint-Esprit les avait empêchés de dire la Parole dans la Province d'Asie...Ils essayèrent d'atteindre la Bithynie, mais l'Esprit de Jésus s'y opposa..." Ainsi l'Esprit les conduit jusqu'à Troas où Paul, dans une vision durant la nuit, voit un Macédonien qui l'appelle à venir à leur secours. "Nous en avons déduit que Dieu nous appelait à y porter la Bonne nouvelle" (Ac 16, 6-10). La lecture des évènements à la lumière de l'Esprit Saint les amène à découvrir où Dieu les appelle. Ainsi commence l'évangélisation de l'Europe, sous le souffle de l'Esprit Saint.

 

Avec la venue du Christ parmi nous, toute porte fermée a son au-delà, son ouverture, jusqu'à la pierre de son tombeau que les femmes trouvent "roulée sur le côté", au matin de Pâques (Lc 24,2).

Dans la vie du P.Libermann, la porte fermée est l'épilepsie, qui l'empêche d'accéder au sacerdoce. Pendant plus de dix ans, il passera de moments d'espoir à d'autres où il se dit: "Peut-être jamais." Le désir d'être prêtre est toujours en lui, mais il finit par penser que Dieu ne le veut pas. Pour échapper aux angoisses liée à sa maladie, il s'établit dans la confiance en Dieu qui lui indiquera, le moment venu, ce qu'il attend de lui. Cette paix intérieure devient source d'une guérison suffisante pour qu'il puisse fonder avec d'autres une congrégation missionnaire et relancer l'évangélisation de l'Afrique.

 

Ne désespérons pas devent les portes fermées. La confiance au Seigneur nous aidera à nous libérar de l'empire de la souffrance, pour nous "retourner" vers ce qui se présente comme une ouverture, une nouvelle orientation possible.

 

Raymond Jung

 

(extrait de la Revue St Joseph n°1051 novembre-décembre 2016)

ENSEIGNEMENT SPIRITUEL

La résurrection.

Celle de Jésus et la nôtre

Difficile de décrire la résurrection : est-elle un simple retour à la vie ou bien une forme d’immortalité de l’âme ? Le P. Marc-Henri Jeoffre est aumônier des maisons d’Apprentis d’Auteuil pour la région Sud et animateur spirituel des laïcs associés spiritains. Il nous aide à comprendre pourquoi la résurrection de Jésus est un événement fondateur et vital pour la foi des chrétiens.

« Si le Christ n’est pas ressuscité, notre message est vide, vide aussi notre foi.?» Ces paroles de saint Paul, dans la 1re épître aux Corinthiens (1 Co 15, 17), nous rappellent la place centrale de la résurrection dans la foi de l’Église. Sans la foi en la résurrection, le message chrétien n’a plus aucun sens et la vie même du chrétien semble vaine et absurde.

Des interrogations courantes chez les croyants d’aujourd’hui
De nos jours, beaucoup de chrétiens hésitent à considérer cet article du Credo comme certain et s’interrogent sur les fondements ou les preuves de cette affirmation. Au fond, pensent-ils, le message de l’Évangile ne perdrait rien de sa force et de son actualité en lui retirant le message de la résurrection. Quant à croire en la résurrection des morts, cela paraît, aussi, difficile à admettre pour un nombre important de chrétiens.
À cela, s’ajoute une grande confusion dans les esprits dès qu’il s’agit de comprendre ce que «?ressusciter?» veut dire. Ce terme désignerait-il la même chose que la survie de l’âme après la mort ? Le corps serait-il réveillé ou réanimé après la mort ? Comment décrire cette «?vie après la mort?» ? On devine ici toute l’influence que peut avoir une certaine littérature ou filmographie fantastique sur certains chrétiens et pas forcément des plus jeunes. Certaines études ou enquêtes pseudo-scientifiques régulièrement diffusées à la télévision ou publiées dans des magazines ajoutent à la confusion. Et puis, il y a cet attrait croissant pour les sagesses et les disciplines orientales qui incitent un nombre non négligeable de chrétiens à opter pour la croyance en une forme de réincarnation. Reconnaissons que le terme même de résurrection évoque en nous des images ou des idées assez floues et contradictoires. S’agit-il d’un simple retour à la vie, comme la résurrection de Lazare dans l’évangile de Jean, ou d’une forme étrange et immatérielle d’immortalité de l’âme ? Essayons donc d’y voir un peu plus clair.

A-t-on des preuves de la résurrection ?

Précisons tout d’abord qu’il est difficile de parler de «?preuves?» historiques de la résurrection de Jésus. La résurrection n’est ni scientifiquement explicable, ni susceptible d’être racontée ou décrite, ainsi que l’ont tenté certains auteurs apocryphes. L’événement de la résurrection de Jésus n’est accessible qu’à la foi et, ajoutons, à la foi de l’Église car il ne peut se réduire à une simple opinion personnelle. Croire en la résurrection, c’est accepter comme véridique le témoignage des apôtres et des disciples qui ont vu, écouté et même touché le Ressuscité. Ce témoignage nous est transmis jusqu’à aujourd’hui par les Écritures et par la Tradition de l’Église. Au fond, c’est l’Esprit Saint qui est le véritable témoin de la Résurrection et lui seul peut éclairer notre cœur et nous aider à recevoir ce que l’Église enseigne à ce sujet afin que cet enseignement devienne un véritable message de vie et d’espérance pour chacun de nous.

S’il ne convient pas de parler de «?preuves?» à propos de la résurrection, il reste toutefois une donnée historique irréfutable : il s’agit d’un événement unique qui s’inscrit dans l’histoire de l’humanité à une époque précise et en un lieu précis. Même si nous parlons d’un événement qui transcende l’histoire, en ce sens qu’il échappe à la science et aux investigations précises de l’historien, il a tout de même laissé une trace profonde dans l’histoire des hommes. Avec la résurrection, il y a bien un avant et un après de l’histoire car, à la suite des premiers témoins, une foule innombrable d’hommes et de femmes ont cru en cet événement qui donnait sens à leur propre vie et sens à l’histoire du monde. Ainsi, même les historiens incroyants peuvent admettre que la résurrection de Jésus n’est pas du même ordre que les mythes fondateurs d’autres religions ou les récits plus ou moins légendaires qu’on rencontre dans toutes les cultures.
Rappelons aussi que, même si, pour les premiers témoins, les apparitions du Ressuscité furent bouleversantes et inattendues, elles ne survenaient pas pour autant comme un événement magique ou totalement invraisemblable. La résurrection se produit à un moment de l’histoire d’Israël où, d’une certaine manière, elle était comme attendue et espérée. Déjà annoncée par des prophètes comme Osée et Ézéchiel, c’est surtout avec les derniers écrits de l’Ancien Testament, notamment le livre de Daniel ou le deuxième livre des Maccabées, que la doctrine de la résurrection des morts s’est largement imposée en Israël à l’époque de Jésus. Jésus lui-même avait préparé le cœur de ses disciples à accueillir cette nouvelle durant son ministère terrestre même si ces annonces ne deviendront lumineuses, pour eux, qu’après les apparitions du Ressuscité et, surtout, après la Pentecôte.
En ressuscitant, Jésus n’est pas revenu à son état de vie antérieur mais c’est bien avec son corps qu’il se fait reconnaître. Certes, on peut parler de corps glorieux ou de corps spirituel car le Ressuscité n’est plus soumis aux lois physiques et chimiques de notre monde, il dépasse les limites de l’espace et du temps. Cependant, il a été vu et entendu, il a été touché, il a bu et mangé avec les disciples. Il n’est ni un esprit pur, ni un fantôme.

La résurrection de nos corps
Ayant partagé notre condition humaine et traversé l’épreuve de la mort, Jésus, d’une manière radicalement nouvelle, invite toute l’humanité à entrer dans l’espérance fondée d’une victoire sur la mort. L’amour est plus fort que la mort. Tel Il est ressuscité, tels nous ressusciterons. Si nous ne pouvons clairement imaginer à quoi ressemblera notre propre résurrection, nous avons la certitude que notre vie de chair et de sang sera transformée en Christ et que quelque chose de ce corps avec lequel nous vivons, constitutif de notre identité profonde et unique, subsistera. La résurrection de la chair est incompatible avec la réincarnation mais elle ne se réduit pas, non plus, à une simple immortalité de l’âme telle que l’envisageaient les Grecs de l’Antiquité.
Terminons en rappelant que la résurrection et la vie éternelle ne signifient pas seulement une promesse qui concernerait uniquement notre avenir. Dès aujourd’hui, par notre ouverture à Dieu et aux autres et par notre participation aux sacrements, nous nous laissons transformer par le Seigneur et nous nous préparons à traverser la mort avec Lui.
Marc-Henri Jeoffre
marcoshenri@hotmail.com
Le chrétien se laisse accompagner

La présence de Dieu en dialogue avec l’homme nous est indiquée tout au long de l’histoire du peuple de Dieu et de l’Église. Parfois c’est Dieu qui prend l’initiative de manifester sa présence et ses volontés. Parfois c’est le croyant qui invoque un Dieu présent, proche et attentif. Le fait même des « silences de Dieu » est la preuve qu’on attend comme normale sa manifestation agissante. Détaillons tant soit peu cette présence et son accompagnement dans la vie de chacun et dans la vie en Église.
Le fait de l’accompagnement

Dans l’histoire du peuple élu, la présence de Dieu s’est manifestée de façon variée mais toujours exprimant la grandeur et la sainteté de Dieu, et en suggérant une solution pour les problèmes en cours. On peut noter au moins trois sortes d’interventions de Dieu : les phénomènes de la nature (comme le tonnerre au Sinaï), les anges (comme Raphaël pour conduire Tobie), les songes (comme les songes de Joseph, fils de Jacob, et ceux de Joseph, époux de Marie), les visions prophétiques (comme celles d’Ezéchiel). Ces interventions divines sont conservées par l’Écriture et les traditions. Cette présence de Dieu est toujours active et salvatrice. Ainsi, au Sinaï, Dieu révèle son nom : « Je suis Celui qui suis. » Nous comprenons : je te suis toujours présent pour te guider, ou simplement pour t’aimer.
Quelques textes évoqueront des épisodes de l’intervention de Dieu pour guider son peuple : « On t’a révélé, homme, que tu dois marcher humblement devant ton Dieu et vivre en sa présence » (Mi 6, 8) ; « Moi je me réjouis en Dieu mon Sauveur » (Ha 3, 18). Dans l’Évangile, la présence de Jésus est pleine de sollicitude : « Je suis avec vous tous les jours » (Mt 28, 20) ; « L’Esprit viendra et vous redira tout ce que je vous ai dit » (Jn 16, 12). Il sera votre maître intérieur. Dans les premières communautés chrétiennes, l’accompagnement se fait fraternel : « Si quelqu’un s’égare, va lui dire d’abord le bon chemin ; s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère » (Mt 18, 15).

Comment se fait cet accompagnement
Nous comprenons que Dieu nous parle par une inspiration intérieure à travers un événement, ou une réflexion des autres, ou une intuition qui s’impose à nous. Cette intuition a été décrite par beaucoup de maîtres spirituels sous le nom de « discernement des esprits » ou de signes de la grâce de Dieu. Ils en ont donné des dizaines de critères qui peuvent nous servir, par exemple la paix intérieure, la sérénité, la conscience que Dieu est là, lorsque nous arrivons à une conclusion après bien des hésitations. Si, au contraire, la solution que nous envisageons provoque en nous du trouble, de l’aigreur de l’agitation intérieure, nous savons que ce n’est pas l’inspiration de Dieu.
De toute façon, la voix de Dieu n’est jamais un ordre qu’on nous dicterait de l’extérieur, comme par une oreillette, c’est une suggestion paisible comme celle que nous ferait discrètement un ami en qui nous avons toute confiance. Dieu ne s’impose pas, il nous fait comprendre où est la bonne décision et nous laisse libre de l’écouter ou de suivre d’autres influences qui nous veulent souvent moins de bien !
Ainsi nous sommes accompagnés et non pas surveillés par quelqu’un qui chercherait à nous prendre en faute ; Dieu cherche toujours à nous prendre en bien, parce qu’il nous aime et nous veut du bien. Avec lui nous nous sentons en confiance, protégés par lui et par ses saints, entourés de tant d’attentions ! Nous sommes accompagnés et jamais contraints, même quand il nous invite à des décisions difficiles. La joie d’avoir pris librement la bonne décision est encore un critère de sa présence. Sous l’inspiration de Dieu, nous ne sommes pas dépersonnalisés, mais aimés !

L’accompagnement en Église
Aujourd’hui, Dieu accompagne toujours les siens, mais c’est par l’Esprit Saint, dans la communauté ecclésiale, qu’il le fait le plus souvent. Cela fait partie des fonctions et des charismes qu’il a confiés à son Église. Parmi les dons de l’Esprit Saint, les dons de sagesse, de conseil, d’intelligence touchent directement à l’accompagnement. On peut citer mille histoires de l’action de ces dons de l’Esprit dans la vie des saints.
L’accompagnement peut se faire dans l’exercice de l’autorité des responsables institués dans l’Église à divers niveaux pour conduire la communauté et permettre à chacun d’y tenir sa place. Mais s’il est perçu comme l’exercice d’un pouvoir, à des fins intéressées, on ne peut y voir une relation constructive. L’obéissance n’est vertu que comprise dans la construction du projet commun et non comme solution de facilité pour celui qui ne saurait pas s’engager ou celui qui veut éviter de trop analyser.
L’accompagnement spirituel personnel est une belle méthode de grandir ensemble dans la vie chrétienne. Il a laissé de merveilleux exemples dans l’histoire, comme celui de saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d’Avila, celui de saint François de Salles et sainte Jeanne de Chantal.
L’accompagnement communautaire se vit au jour le jour, sans coups d’éclat, à travers la régularité d’un partage des tâches et des responsabilités. Il suppose un projet communautaire qui a été élaboré ensemble comme réponse à la mission confiée à la communauté. Chacun peut alors y prendre sa part, selon ses compétences, au vu et su de tous et la réaliser en pleine responsabilité. L’accompagnement consistera non pas à ce que chacun se mêle de la vie des autres, mais en ce que chacun soit attentif à faciliter la bonne réponse de l’autre. C’est le service de tous et pas seulement du responsable, de veiller à ce que personne ne soit trop chargé, ni trop déchargé (ou pire écarté) de la mission commune.
La condition chrétienne est porteuse de sérénité

Les chrétiens ont été souvent persécutés au cours des siècles, et ils le sont encore aujourd’hui dans certains pays. Leur condition n’a rien d’enviable. Et pourtant elle est bien avantageuse : par leur foi, ils sont éclairés sur le sens de la vie ; par les dons de l’Esprit et les sacrements, ils sont soutenus dans les grands moments de leur vie ; par la guidance maternelle de l’Église, ils sont conseillés sur les cas difficiles ; par l’accompagnement de la communauté, ils ne sont pas seuls dans les aléas de la vie. Béni soit Dieu, qui conduit ainsi ses enfants !
Le chrEtien vit la charitE dans la vEritE

Par l’espérance, présentée dans le numéro précédent, les chrétiens vivent « à ciel ouvert ». Ils vivent aussi « à cœur ouvert » par la fraternité universelle. Ce n’est pas simplement philanthropie
ou sympathie universelle ; pas seulement même le premier commandement. C’est une spiritualité et un programme de vie. Nous pouvons l’approfondir avec le grand texte de Benoît XVI, La Charité dans la vérité (C. V.), et avec l’exemple du Bx Charles de Foucauld, qui a voulu être comme le Christ, Frère universel. C’est aussi une piste importante du texte du concile sur L’Église dans le monde de ce temps (G. S.).
Le principe chrétien de l’amour universel est bien reconnu, et pas seulement par les chrétiens. C’est l’application concrète qui varie beaucoup selon les temps et les personnes. Dans l’Évangile, Jésus entre dans les détails d’application, par exemple dans la parabole du Samaritain ou dans les conseils de bienséance : notons le repas chez un chef des pharisiens : « Quand tu donnes un repas, n’invite pas tes amis, tes parents, sinon ils t’inviteront à leur tour et la politesse te serait rendue. Au contraire quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles et tu seras heureux parce qu’ils n’ont rien à te rendre ; cela te sera rendu à la résurrection des justes » (Lc 14, 12).

L’amour universel est bien au cœur du message chrétien
Tous les êtres et tous les hommes sont créés comme une participation à l’existence de Dieu
Dieu nous a tous aimés le premier. En nous faisant tous à son image, il a fait de nous des êtres de relation affective et affectueuse. « L’amour dans la vérité (Caritas in veritate), dont Jésus s’est fait le témoin dans sa vie terrestre et surtout par sa mort et sa résurrection, est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière… C’est une force qui a son origine en Dieu, Amour éternel et Vérité absolue. Chacun trouve son bien en adhérant, pour le réaliser pleinement, au projet que Dieu a sur lui : en effet, il trouve dans ce projet sa propre vérité et c’est en adhérant à cette vérité qu’il devient libre » (C. V., n° 1).

Tous les humains sont rachetés dans l’unique offrande rédemptrice du Christ

Un autre moment de la vérité de nos existences, c’est l’acte d’offrande du Christ à son Père pour notre salut. C’est aussi un acte de charité et d’amour universel. « L’amour dans la vérité (Caritas in veritate), dont Jésus s’est fait le témoin dans sa vie terrestre et surtout par sa mort et sa résurrection, est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière » (ibid).
Cela fait à la fois notre dignité de sauvés par le Christ lui-même et notre humilité de pardonnés. C’est la base incontournable de notre condition chrétienne.

Tous sont destinés à partager ensemble le bonheur éternel

Le troisième élément de notre condition chrétienne, c’est d’être appelés à vivre en communion filiale avec le Père, par la grâce du Christ dans la communion de l’Esprit. Cette espérance fait que le chrétien vit « à ciel ouvert », comme dit le catéchisme des évêques de France. Le ciel de notre présence personnelle à Dieu n’est pas fermé, il est déjà ouvert, et cela fait aussi partie de notre condition chrétienne.

Cet amour a une dimension affective
Ne nous laissons pas tromper par le vieillissement des mots. La charité a pu prendre le sens de faire quelque chose pour les pauvres ou les miséreux. La charité c’est la force de l’amour qui vient de Dieu et qui englobe tous les vivants, en nous comme en Dieu. Exprimons cela en détaillant un peu la charité affective et la charité effective.

La charité est la reconnaissance affectueuse que Dieu est Amour

La prière traditionnelle de l’Église dans l’acte de charité traditionnel met l’accent sur cet amour du cœur : « Mon Dieu je vous aime de tout mon cœur, parce que vous êtes infiniment bon, et j’aime mon prochain comme moi-même pour l’amour de vous. » Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces et aimer son prochain c’est toute la loi, dit Jésus. Il est difficile de mieux souligner la dimension affective de l’amour à la fois pour Dieu et pour le prochain.

La charité n’est pas ressentie de la même façon envers tous, mais elle est voulue pour tous

Nous n’éprouvons pas la même tendresse envers tout le monde. Il y a une tendresse envers nos proches, et un amour plus raisonné envers nos ennemis. Mais si nous aimons en Dieu, nous voulons aimer tous les hommes même si nous ne sentons pas le même amour pour tous. « Aimer ce n’est pas sentir que nous aimons, c’est vouloir aimer », disait le Bx Charles de Foucauld.

Les gestes d’amour affectif sont toujours visibles dans l’Église
Il y a toujours eu des gens qui ont déclaré leur amour envers Dieu et envers les autres. Les psaumes sont pleins de ces louanges à Dieu créateur, à Dieu Père, à Dieu providence, à Dieu pasteur de son peuple. Les mystiques, chrétiens ou non chrétiens, ont su écrire de si belles prières arrivées jusqu’à nous. Mais peut-être nous faut-il reconnaître que notre temps exprime avec plus de force que jamais cette reconnaissance amoureuse de Dieu sur tous les continents. Le temps des mystiques n’est pas mort.

Cet amour a une dimension effective
Pour que l’amour universel soit vrai il doit s’exprimer effectivement dans la vie concrète. Et c’est là où nous devons ajouter à l’aide mutuelle immédiate généralement pratiquée une action réfléchie et coordonnée pour que tous les hommes puissent vivre plus humainement toutes les dimensions de leur vie. Les autorités de l’Église, surtout depuis le concile Vatican II et la Constitution de « L’Église dans le monde », ont beaucoup développé les analyses, les déclarations et les actions, pour un développement intégral, pour des actions solidaires, par une doctrine sociale toujours plus actualisée, comme le fait encore l’encyclique La Charité dans la vérité, de Benoît XVI.
Ce qu’ajoute cette si importante encyclique, c’est que l’amour, pour être vrai, ne peut s’organiser sans Dieu. L’aide aux autres ne peut être charité que si elle permet le développement humain de tous. Les relations commerciales ne peuvent s’organiser sans les relations humaines qu’elles entraînent.

Celui qui aime c’est celui qui agit pour le bien des autres
Dans les relations interpersonnelles, il est bien connu que celui qui aime n’est pas celui qui parle le plus avec émotion, c’est celui qui agit pour faire du bien aux autres, qui fait passer les autres avant lui-même. Pour cela, la charité effective doit être constructive et inventive. Dans les relations collectives, celui qui aime est celui qui, après avoir analysé le fonctionnement social, sait s’engager pour arriver à faire mieux vivre les autres en créant les conditions de justice et de solidarité. « Le chrétien désire ardemment que toute la famille humaine puisse appeler Dieu “Notre Père !” Avec le Fils unique, puissent tous les hommes apprendre à prier le Père et à Lui demander, avec les mots que Jésus lui-même nous a enseignés, de savoir Le sanctifier en vivant selon Sa volonté, et ensuite d’avoir le pain quotidien nécessaire, d’être compréhensifs et généreux à l’égard de leurs débiteurs, de ne pas être mis à l’épreuve à l’excès et d’être délivrés du mal ! » (Cf. Mt 6, 9-13) (C. V., conclusion).

La charité chrétienne aboutit à une doctrine et pratique sociale novatrices
« L’amour donne une substance authentique à la relation personnelle avec Dieu et avec le prochain. Il est le principe non seulement des micro-relations : rapports amicaux, familiaux, en petits groupes, mais également des macro-relations : rapports sociaux, économiques, politiques. Pour l’Église, instruite par l’Évangile, l’amour est tout parce que tout provient de l’amour de Dieu, par lui tout prend forme et tout tend vers lui » (C. V., 2).
P. Jean Savoie
Le chrétien espère le bonheur pour tous,

avec Jean-Paul II

Un chrétien est un croyant, quelqu’un qui croit au Dieu de Jésus-Christ et qui compte sur Lui. Il est en condition de compter avec Dieu et sur Dieu. Cela marque toute sa vie et lui donne une assurance particulière. Nous n’en avons pas toujours conscience, mais c’est pourtant une conviction de fond qui marque notre regard sur nous-mêmes, sur les autres et sur les événements. Nous voudrions ici exprimer combien cette précieuse conviction est un élément de fond de notre condition chrétienne. Nous le faisons en ayant devant les yeux une grande figure récente de l’Église : le Bienheureux Jean-Paul II.

Toute la vie de Jean-Paul II respire l’espérance
Nous savons que, dès son élection, 
Jean-Paul a eu comme la révélation – par l’intermédiaire d’un ami décédé – qu’il serait le pape qui introduirait l’Église dans le IIIe millénaire. Il a porté cette espérance, préparant les synodes continentaux et ses grands textes dans cette orientation, sous le thème d’une nouvelle Évangélisation à entreprendre. Il a été rescapé de l’attentat en 1981 comme un signe de la volonté de Dieu de réaliser sa survie pour l’an 2000. En 1989, après la chute du mur de Berlin, dans l’année qui a suivi son encyclique sur la situation sociale où il stigmatisait l’absurdité des deux blocs Est et Ouest, il a dit que les représentants des religions à Assise n’avaient pas prié en vain pour la paix.
L’espérance ouvre le regard sur notre itinéraire intérieur

Vous savez quel appel vous a été adressé, quel sang vous a racheté, quelle espérance vous ouvre son appel. Quand nous prenons conscience de l’espérance qui nous est donnée par notre foi, nous comprenons mieux qui nous sommes. Un amour nous a précédés, un amour nous accompagne, un amour nous attend. C’est toute notre histoire intérieure qui s’éclaire de façon si simple et si unifiée par le regard sauveur de Dieu sur nous. Notre itinéraire s’éclaire de toujours à toujours, parce qu’il est porté et authentifié par l’amour de Dieu : nous sommes dans la main de Dieu Père et sous l’aide de l’Esprit, saint et sanctifiant.
Soyez toujours prêts à rendre compte de votre espérance. La conscience chrétienne est marquée de cette origine spirituelle de nos convictions et de leur valeur au vu et su de tous. La lumière de la foi sur le sens de la vie, le sens de notre vie, nous est personnelle, mais elle peut être justifiée devant tous.

L’espérance nous établit dans la confiance d’être aimés
Notre condition chrétienne comporte cet avantage (gracieux) de passer notre vie dans la conscience d’être aimé à l’infini, c’est bien le cas de le dire. Cette attention bienveillante nous a été manifestée de bien des manières mais particulièrement par l’incarnation rédemptrice du Christ. C’est plus qu’un avantage, c’est une grâce irrévocable dont l’Esprit Saint est le témoin permanent et actif, par tous ses dons. Nous sommes ainsi établis dans une confiance totale, basée sur l’amour indéfectible de Dieu qui « ne peut ni se tromper, ni nous tromper » comme il est dit dans l’acte d’espérance traditionnel.

Toute l’action de Jean-Paul II respire l’espérance
Jean-Paul II a parcouru le monde et visité de nombreux pays. Chacune de ces visites pastorales a annoncé une possibilité de changement et une espérance à cultiver. En arrivant en Haïti, il a dit clairement : « Il faut que les choses changent ici. » Et elles ont changé peu après. Pour quelques pays, son entourage discutait de l’opportunité ou de l’utilité d’une visite du Pape – comme au Mexique, par exemple – et il a répondu : « La question n’est pas de savoir si j’y vais, mais de décider quand j’y vais. »

L’espérance nous invite à lutter pour arriver à nos objectifs
On voit bien, avec Jean-Paul II, que l’espérance n’est pas une simple attente des biens à venir. Elle est action forte et prudente pour faire advenir ce que notre foi nous propose. En ce sens, la vie chrétienne est à la fois un combat et une prière : « Que ton règne vienne. »

L’espérance nous mobilise pour le bonheur de tous
La diversité des actions de Jean-Paul II le montre attentif à rencontrer toutes les populations. Il a beaucoup parlé aux jeunes, avec cette complicité étonnante d’un homme âgé avec les jeunes des JMJ, par exemple. Et il leur a tellement parlé du bonheur, en termes souvent exigeants mais pleins d’humanité et d’espérance. Que de photos où nous voyons le pape serrer dans ses bras paternels une personne âgée, un enfant ou un malade, se laissant envahir par leur espérance et leur émotion.

La pastorale de Jean-Paul II est fondée sur l’espérance
Faisons seulement deux références à son enseignement pontifical : après le grand Jubilé de l’an 2000, au 6 janvier 2001, il publie l’instruction pastorale, À l’aube du IIIemillénaire, où il dit tout le bien qu’il a reçu des ces foules qui sont venues à Rome en l’an 2000, mais surtout il ouvre l’avenir sous la double consigne de « regarder le visage du Christ » et de « repartir du Christ ». Cette consigne tout à fait spirituelle est, pour lui, la source de toute l’action pastorale à venir : « L’Église ne sera pas sauvée par une organisation, mais par une personne, le Christ. »
Ainsi, l’horizon du chrétien n’est pas un vaste grand soir où tout s’arrangerait. C’est un retour du Christ où se manifestera toute sa place dans la création et dans la rédemption. « Tout a été créé par lui et pour lui. » Il reviendra dans la gloire, tout lui sera soumis, alors il remettra tout à son Père. En ce sens la condition chrétienne est éclairée par la condition divine de Jésus : « Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, il s’est fait homme, obéissant. […] C’est pourquoi Dieu l’a exalté ! » Avec Jean-Paul II, nous voyons un chrétien enraciné sur la foi, ancré dans l’espérance, animé par la charité. Ainsi chaque chrétien va de l’avant dans la joie du but qu’il s’apprête à toucher. 
P. Jean Savoie

L'Esprit nous fait prier comme il Faut

Parmi les actions de l’Esprit en nous, il est une de quotidienne et profonde : c’est de nous apprendre à prier « comme il faut », dit saint Paul. L’Esprit intériorise la façon dont Jésus a appris à prier à ses Apôtres. Sr Lydie Rivière, Xavière, nous montre comment.

Le jour de la Pentecôte, la communauté primitive des
disciples de Jésus, Église en miniature, reçoit l’Esprit de Dieu,
comme il l’avait promis avant de mourir. L’humanité nouvelle va être littéralement prise en main par l’Esprit de Jésus.
Concrètement, c’est l’inscription sur des coeurs de chair de ce qui avaitété gravé sur des tablettes de pierre et l’inauguration de l’alliance nouvelle annoncée par le Seigneur à Jérémie (Jr 31, 31-34). Selon l’évangéliste Jean, cet Esprit, ce « Paraclet » comme il l’appelle, agit en avocat, en défenseur dans le coeur des disciples.
L’Esprit continue l’enseignement de Jésus
Il est l’Esprit de vérité qui habite en nous, qui enseigne tout, qui nous aide et réactive notre mémoire concernant les paroles du Christ (Jn 14, 26). Et c’est le Père qui l’envoie au nom de Jésus pour nous aider et ne pas nous laisser orphelins. Quand les disciples comparaîtront au Tribunal, l’Esprit Saint parlera en eux. Qu’ils ne s’inquiètent donc pas de ce qu’ils doivent
répondre ! (Mc 13, 11). En outre, cet Esprit de vérité qui reçoit la gloire du Fils la montrera et nous l’annoncera parce qu’il reçoit ce qui appartient au Fils (Jn 16, 14-15). Aussi l’apôtre Paul peut-il dire que non seulement l’Église est le corps du Christ et le réceptacle de l’Esprit mais que chacun
d’entre nous est lui-même le sanctuaire de l’Esprit Saint : « Vous êtes le temple de Dieu, et l’Esprit Saint est en vous » (1 Co 3, 16). Et qui dit présence de l’Esprit dit également présence du Père qui l’envoie au nom de Jésus, le Fils bien-aimé. Cette présence en nous de la Trinité va avoir des répercussions sur notre prière.
Ne faisant qu’un avec notre esprit, l’Esprit de Dieu va nous aider à « prier comme il faut » (Rm 8, 26). L’apôtre Paul sous-entend par là que nous prions, ou que les humains prient, mais mal. En effet, constate-t-il, nous vivons dans un monde qui gémit, connaissant les douleurs d’une femme qui accouche.
Il se trouve au pouvoir de forces négatives et destructrices qui nous rendent esclaves. Et dans ce monde, nous gémissons à notre tour. Nous faisons le mal que nous détestons, et nous n’accomplissons pas le bien auquel nous aspirons. Nous sommes faibles et nous attendons avec impatience une situation
meilleure. Qui nous la procurera sinon le Maître de la vie ?

L’Esprit conduit notre prière

Donc, nous devons le prier. Mais « comme il faut ». Et seul l’Esprit peut nous y aider, car « l’Esprit intercède pour nous » (Rm 8, 27).
Paul l’écrit souvent à ses correspondants : il y a des conditions préalables à la prière. L’Esprit ne peut venir en nous que si nous lui cédons la place.
Alors nous devenons vraiment enfants de Dieu : « Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu » (Rm 8, 14). C’est alors que l’Esprit peut jouer pleinement sa partition à l’intime de nous-mêmes et que nous allons prier comme il faut. Les enfants ne vivent plus sous le régime de la peur mais de l’amour. Dès lors, quand nous nous adresseronsà Dieu, nous l’appellerons de son vrai nom : « Abba », c’est-à-dire
« Père » (Rm 8, 15). Notre prière sera donc de confiance et « nous nous présenterons avec assurance vers le trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce pour une aide qui convient » (He 4, 16).
Ce sera également une prière libre, car « là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Co 3, 17). Nous pourrons alors adorer le Père en esprit et comme le Fils l’a montré, pour reprendre les paroles du Christ à la femme de Samarie (cf. Jn 4, 23-24).
Dans cet échange mystérieux qui se produit entre le plus intime de nous-mêmes et la Trinité sainte, quand nous l’adorons dans la nudité du regard et le silence de la raison, nous xpérimentons un peu de ce que l’apôtre Paul exprime quand il écrit aux chrétiens de Corinthe : « Le Seigneur, c’est l’Esprit […] Et nous tous, qui, le visage découvert, contemplons comme un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur qui est Esprit » (2 Co 3, 18).
Dès lors, qu’allons-nous demander dans la prière ? Luc nous répond : « L’Esprit Saint » ; « Si vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Lc 11, 13).
L’Esprit conduit la prière et la mission

L’Esprit nous rendra semblable au Fils. Peut-être ensuite nous propulsera-t-il sur les chemins du monde pour communiquer cette Bonne Nouvelle de l’amour trinitaire, pour inventer des procédures de partage, pour nourrir et guérir les esprits et les corps, pour libérer nos frères et soeurs de tout ce qui les empêche de respirer à pleins poumons, pour faire de cette planète un monde habitable, équitable et solidaire, afin qu’il devienne réellement le corps du Christ, régénéré par le Souffle du Ressuscité.
Être des adorateurs en esprit et en vérité, c’est goûter les fruits de l’Esprit : charité, joie, paix, patience, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi (Ga 5, 22).
Cela n’est jamais acquis une fois pour toutes, parce que nous sommes vulnérables et sensibles au goût du pouvoir et des honneurs, à la séduction, à la jalousie, à l’activisme et au narcissisme, à la mollesse aussi, à la routine et à la paresse. Si nous voulons prier comme il faut, nous avons à lutter contre ces tendances vivaces en nous qui ne cesseront qu’à notre mort.
En outre, pour prier « comme il faut », nous devons sacrifier certaines choses, entretenir notre corps, gérer notre temps et ordonner notre planning pour laisser le Souffle du Seigneur nous envahir tout entiers. Comme le jockey qui veut remporter la course, nous avons à veiller sur notre poids (de péché). Paul appelle cette attitude : « crucifier la chair avec ses passions
et ses convoitises » (Ga 5, 24).
Alors même au milieu de la fournaise, à l’exemple de Sidrac, Misac et Abdénago, l’Esprit (ce quatrième personnage qui les accompagne dans ce lieu de souffrance ?) nous aidera à prier et agir selon le coeur de Dieu (Dn 3, 25).

Soeur Lydie, Xavière


(Extrait de la Revue Esprit Saint 213)

Actualité

La Fraternité Saint-Joseph  vient de publier un livre de spiritualité et de prières à Saint Joseph  (200 pages petit format à 8 €).   Vous y trouverez la place qu'a eue Saint Joseph dans la vie de l'Eglise officielle ou  populaire, des prières anciennes et des prières pour le monde et l'Eglise d'aujourd'hui.                Vous pouvez le commander par courrier à Fraternité Saint Joseph     4 Montée de la Butte 26400 ALLEX.

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