Maison et sanctuaire saint Joseph
Maison et sanctuaire saint Joseph
RÉPONSE À VOS QUESTIONS

CONSEIL SPIRITUEL
Une Église rayonnante de charité

Jean nous écrit : «J’ai lu avec intérêt l’appel de détresse d’une abonnée qui disait: “Redonnez-moi confiance en la vie, parce que l’Église est en perte de vitesse (manque de prêtres, toujours moins de jeunes dans les églises…)” (n°1027).Moi, je pense que si les chrétiens donnaient vraiment l’exemple de la pratique de la charité dans leurs vies quotidiennes, les églises se rempliraient bien vite.
Nous avions répondu à l’appel de cette abonnée en parlant de la nouvelle évangélisation qui exige un renouveau de la foi chez les chrétiens (n°?1028). Jean, vous avez raison : sans la charité, la foi n’est rien, comme le dit saint Paul : «?Quand j’aurais la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien?» (1 Co 13, 2). Votre réaction arrive à point nommé en cette année de la foi que le pape Benoît XVI a proposée pour 2013, en lien avec le service de la charité (Diaconia 2013). Lui-même a initié son pontificat avec la parution de l’encyclique Dieu est Amour, où il dit : «?Il n’y aura jamais une situation dans laquelle on n’aura pas besoin de la charité de chaque chrétien. Car l’homme, au-delà de la justice, a et aura toujours besoin de l’amour.?» Même en instituant une justice parfaite entre tous les hommes et à tous les niveaux, il y aura toujours des malchanceux et de vrais pauvres (santé, situations familiales, catastrophes naturelles, etc.).
Si les chrétiens étaient animés par l’esprit de service et de charité, l’Église pourrait davantage attirer de nombreuses personnes qui sont en recherche. Car l’amour est rayonnant. Nous connaissons des personnes qui attirent, grâce à la qualité de leur présence, parce qu’elles vivent de l’amour et sont tournées vers les pauvres. Le témoignage de la première communauté chrétienne de Jérusalem nous est donné dans les Actes des Apôtres : «?Les croyants mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun. Ils trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut »?(Ac 2, 44-47).
La Pentecôte est la célébration de la venue de l’Esprit Saint dans l’Église et dans le monde. Dans l’épître aux Galates (Ga 5, 22), saint Paul énumère les fruits de l’Esprit Saint : «?Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance.?» Que l’Esprit Saint vive en chacun de nous pour qu’advienne une nouvelle Pentecôte au cours de ce XXIe siècle.
Prions avec le cardinal Suenens : «?Seigneur, donne-nous un cœur pour aimer, un cœur de chair et non un cœur de pierre, afin d’aimer Dieu et les hommes. […] Donne-nous ton propre cœur pour aimer vraiment, dans l’oubli de nous-mêmes. Nous avons besoin qu’on nous greffe ton cœur à la place du nôtre qui bat si mal lorsqu’il s’agit d’autrui. Que ce soit Toi, Seigneur, qui aimes à travers nous. Amen?» (Prier, n° 292, 1er juin 2007).
P. Bernard Boulanger
Pourquoi le mal et la souffrance ?

RSJ 1023

Nous avons reçu cette question de Bernadette «On chante“Dieu est Amour”à la messe. Alors, pourquoi y a-t-il des tremblements de terre, des tsunamis? Pourquoi Dieu a-t-il créé des hommes aussi méchants en Syrie, en Corée du Nord]? Il le savait bien, lui, le Tout-Puissant, en créant tout cela…?

Chère amie, votre question est aussi celle d’une multitude d’hommes et de femmes. Elle est aussi ancienne que l’histoire de l’humanité. Pourquoi le mal dans le monde ? Pourquoi la souffrance ? Déjà, Job posait cette question à Dieu 300 ou 400 ans avant Jésus-Christ.
En dehors des catastrophes naturelles qui sont les événements incontournables de l’évolution de la Terre (les continents se déplacent, d’où les tremblements de terre, les volcans, etc.) dont l’homme parvient à se préserver ou qu’il essaie du moins de mieux prévoir, en dehors de la maladie qui accompagnera toujours les vivants, il y a le mal qui vient de l’homme lui-même et qui déclenche les guerres, les violences faites aux innocents… Et pourtant, tout ce que Dieu a créé était bon, comme nous le dit le livre de la Genèse.
Mais justement, en créant l’homme, Dieu l’a voulu « à son image et à sa ressemblance ». Il a voulu en faire un partenaire et non un robot. « L’amour ne peut jamais contraindre. Il se détruirait lui-même. L’amour est essentiellement une communication totalement libre, et qui appelle et suscite la liberté » (Maurice Zundel).
On appelle ce Dieu le « Tout-Puissant », mais on voit bien qu’en accordant la liberté à l’homme pour susciter son amour, il s’est exposé lui-même à une possibilité de refus, avec toutes les conséquences inévitables et tous les malheurs collatéraux qui en découlent. Mais alors, on est tenté de faire à Dieu un autre procès : pourquoi n’intervient-il pas dans les cas extrêmes, pour sauver des innocents ? Dieu serait-il un spectateur indifférent devant la misère du monde ?
C’est encore Maurice Zundel qui écrit : « Une mère en pleine santé peut vivre l’agonie de son enfant plus douloureusement que lui-même en raison de son amour. […] Ainsi le mal dans le monde devient le mal de Dieu. C’est lui qui a mal et c’est pourquoi le mal est si terrible. […] Dieu est la première victime du mal. […] Ceci est révélé sur la croix : quand Jésus meurt, c’est Dieu désarmé, Dieu fragile dans cet effroyable exil que lui infligent nos refus d’amour. »
Et il conclut : « À travers toutes les catastrophes de l’humanité, je voudrais que nous gardions cette certitude que Dieu est toujours là derrière l’événement. Il ne cesse jamais d’émettre des ondes de lumière et d’amour et, si nous n’avons rien reçu, c’est que nous n’avions pas ouvert notre poste récepteur pour capter ces ondes éternellement émises, pour recevoir cet amour de Dieu éternellement donné qui ne cesse de nous envelopper pour transfigurer tous les événements et les envelopper de toute la lumière de sa tendresse. »
Dans le mois qui vient, nous allons revivre la passion du Christ et sa résurrection à Pâques, puissions-nous pénétrer un peu plus dans ce mystère de Dieu qui nous aime et qui nous sauve.

P. Bernard Boulanger
Retour à l’émerveillement

RSJ 1022

De nombreux abonnés, dans le courrier des lecteurs, s’émerveillent pour les grâces reçues par saint Joseph et ils font célébrer des messes en remerciement. D’autres expriment leur merci en prenant conscience de son accompagnement pendant toute une vie. C’est cet émerveillement que nous pouvons partager..

À une époque où les indignés sont dans les rues – et pour cela ils ont sans doute de bonnes raisons –, il est bon de nous dire, surtout en ce début d’année, que l’émerveillement est aussi essentiel pour notre vie. « Il est beau de dire merci, cela permet de clore quelque chose et d’ouvrir autre chose […] dans un monde de violence, où l’on ne se fait grâce de rien, où l’on est sans merci » (Vergely, Retour à l’émerveillement, p. 219). « S’émerveiller, dit encore cet auteur (p. 10), c’est être là, comme au premier jour, comme au premier instant, pur, neuf, nu et regarder jusqu’au moment où les apparences basculent. […] Alors on est foudroyé par ce simple fait : j’existe, je suis. »
Nous venons de fêter Noël, d’admirer de belles crèches ? Il y a, dans les crèches de Provence, un personnage qu’on appelle « le ravi ». Il regarde Jésus d’une bonne figure épanouie. Il n’a rien à offrir. Il ne dit rien. Il est là, il mange le Sauveur des yeux, va à Marie, à Joseph, revient encore à Jésus et s’y fixe. Il est dans « le ravissement ».
Quels sont ceux qui viennent le plus admirer les crèches dans nos églises sinon les enfants ? Déjà un bébé de quelques mois est souvent dans l’émerveillement. Tout le fascine, tout le captive, tout l’enthousiasme. Son corps entier le dit, s’agite. Il crie de joie ou de surprise à chaque découverte. Il veut toucher, sentir, saisir l’insecte et la fleur, le jouet ou le tissu du vêtement. « Si vous ne devenez comme des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux », dit Jésus (Mc, 10, 16).
Mais l’émerveillement de l’adulte ne doit pas rester dans la naïveté de l’enfance. « S’émerveiller, pour l’adulte, c’est ne pas être blasé, hautain, méprisant, devant les drames de l’existence. Il ne se referme pas sur lui-même, il ne s’aigrit pas, il ne se durcit pas, il ne se révolte pas, il laisse sa chance à la vie, au lieu de se mettre en état de désenchantement. Il se met “en merveille” » (Vergely, p. 17).
Alors, pourquoi ne pas revenir à la contemplation de l’œuvre de Dieu et, devant le Fils qui est venu partager notre vie pour que nous soyons ses frères et devenions avec lui fils et filles du Père, nous pouvons chanter comme dans le cantique : « Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? » Le psalmiste s’émerveillait aussi : Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes ! « Mon Dieu, tu me scrutes et tu me connais, tu as mis sur moi ta main » (Ps 138).
Terminons avec cette parole de Christian Bobin : « La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin au réveil. » Puissions-nous chaque matin de cette année 2012 découvrir le cadeau que Dieu nous fait pour nous émerveiller encore et encore, et trouver toujours dans la grisaille de l’existence un chemin de vie.
Le P. Levavasseur,
apôtre de la Réunion

(RSJ 1021)

Plusieurs centaines de nos lecteurs sont réunionnais. Ils fêtent cette année le 2e centenaire de la naissance du P. Frédéric Levavasseur, à l’île Bourbon (aujourd’hui La Réunion). C’est lui qui, avec le P. Libermann, a inauguré l’évangélisation des esclaves noirs affranchis, il est l’apôtre de la Réunion, comme le Bx P. Laval est l’apôtre de l’île Maurice. Beaucoup souhaitent que nous présentions cette belle figure spiritaine. Nous le faisons volontiers.
La grâce d’une première communion

On décrit le jeune Frédéric Levavasseur, né le 25 février 1811, dans une famille de riches créoles vivant de la culture de la canne à sucre avec l’aide d’esclaves noirs, comme un enfant paresseux et rebelle. Vers l’âge de 13 ans, touché par la grâce de sa 1re communion, le jeune adolescent devient ardent pour les choses de Dieu, allant visiter les esclaves malades et les préparant au baptême. À 18 ans, il part en France. Entré à l’École polytechnique, il veut d’abord se donner à la science. Mais une voix intérieure et divers conseils le conduisent au séminaire sulpicien d’Issy-les-Moulineaux, près de Paris.
L’Œuvre des Noirs

En contact avec un autre séminariste, juif converti, François Libermann, il devient son secrétaire dans « les bandes de piété ». Avec Eugène Tisserand, autre séminariste originaire d’Haïti, ils évoquent le sort des esclaves noirs aux Antilles. Ils fondent tous trois, à Notre-Dame-des-Victoires à Paris, l’Œuvre des Noirs, afin que les esclaves qui vont être affranchis retrouvent leur dignité par l’Évangile.

La fondation des Filles de Marie

En 1841, l’Œuvre des Noirs devient la société du Saint-Cœur de Marie. Devenu prêtre, le P. Levavasseur est envoyé à l’île de la Réunion en 1842. Il rencontre là 3 jeunes filles créoles qui désirent se donner à Dieu. Il fonde par elles les Filles de Marie, en pensant à toutes les filles venues de l’esclavage qui désirent être religieuses, que les congrégations n’acceptaient pas. Le P. Levavasseur ouvre la nouvelle congrégation à toutes les filles pauvres, même celles d’origine africaine, ce qui est révolutionnaire pour l’époque. Les Filles de Marie, ce sera la grande œuvre du P. Levavasseur, elles iront servir à Bagamoyo (Tanzanie), à Madagascar, à la Réunion et en France pour aider les spiritains.

Assistant et supérieur général

À la mort du P. Libermann en 1852, le P. Levavasseur est appelé à Paris pour assister le P. Schwindenhamer, supérieur général. Devenu lui-même supérieur général en 1881, alors qu’il était déjà très malade, il meurt en janvier 1882, quelques mois après sa nomination. Pour son éloge funèbre, Mgr Fava, évêque de Grenoble et ancien missionnaire à la Réunion, donnera ce témoignage : « Qui a connu le cœur créole et la puissance d’aimer que le Créateur lui a départie, peut seul comprendre ce qui se passa dans l’âme de ce prêtre aussi doué de la grâce que de la nature. » Cœur ardent, ayant eu à souffrir pour sa franchise mais d’une grande humilité, ce serviteur de Dieu mériterait que l’on introduise la cause de sa béatification. 
P. Bernard Boulanger

Vive la liberté religieuse!

Un abonné, Alexandre, nous écrit : «?Je suis bien heureux d’appartenir à la religion chrétienne, il y a plus de tolérance que dans l’islam… Heureusement, la France est un pays libre, il y a la liberté de conscience, toutes les religions sont reconnues.?»

Alexandre, je comprends votre joie, je la partage aussi, mais je voudrais apporter quelques précisions historiques et religieuses. Oui, l’actualité nous montre que la liberté religieuse n’est pas une évidence dans tous les pays. Ainsi au Pakistan, on apprend qu’une jeune femme de 37 ans, catholique, a été condamnée à mort par la loi islamiste sur le blasphème, parce qu’elle a bu de l’eau d’un puits sacré chez les musulmans. Asa Bibi attend la révision de son procès depuis 2 ans et rien ne laisse préjuger du résultat. En Irak sévit une persécution contre les chrétiens qui représentent l’une des plus anciennes communautés humaines de ce pays et qui continuent à prier dans la même langue que Jésus (l’araméen). Après des assassinats et des enlèvements, la ville de Mossoul a perdu les deux tiers de sa population chrétienne, poussés à l’exode pour pouvoir vivre.

Mais en France, il ne faut pas oublier notre histoire. Au Moyen Âge, à l’occasion des départs en croisade, il y a eu les «?pogroms?», où l’on massacrait les juifs, hommes, femmes et enfants. Plus tard, ce furent les guerres de Religion entre catholiques et protestants. Au XVIIe?siècle, le roi, pour défendre la foi catholique, a organisé «?les dragonnades?» contre les huguenots ; de nombreux protestants durent alors s’exiler… En plein siècle des Lumières, on connaît “l’affaire Calas”. Il faut attendre la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en 1789, pour que soit proclamée la liberté religieuse : «?Nul ne doit être inquiété pour son opinion, même religieuse […]?».

Le concile Vatican II a rédigé un document très important sur la liberté religieuse : «?Le concile du Vatican déclare que la personne a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part, tant des individus que des groupes sociaux, et quelques pouvoirs que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse, nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêché d’agir. […] Ce droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine.?» On notera que ce droit à la liberté religieuse n’est pas d’abord un droit qui appartiendrait aux Églises, mais il est fondé sur les droits de l’homme, quelle que soit sa croyance.

Il y a des motifs d’espérance. En Égypte, les coptes sont discriminés et ne peuvent pas construire ou réparer une église. Pendant les événements du printemps arabe, ils ont fait une chaîne humaine pour protéger les musulmans en prière. Citons aussi le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui : «?Il faut dire sans ambiguïté que la liberté religieuse est un droit pour tous, y compris la liberté de changer de religion.?»

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, écrit ceci : «?Il faut se garder bien sûr du “relativisme” : c’est la paresse de celui qui, sans avoir cherché le moins du monde, se dispense de le faire en arguant que tout se vaut. Mais il faut aussi affirmer que nul n’est propriétaire de la vérité. Tous, nous sommes éclairés par l’Esprit pour nous approcher peu à peu de la vérité qu’est Jésus. L’Esprit rend humble et aimant. Prions-le pour savoir porter témoignage du Christ auprès de ceux dont la liberté nous inspire le plus grand respect.

La liberté religieuse débouche sur le dialogue interreligieux qui a commencé avec la rencontre d’Assise entre le pape Jean-Paul II et les grandes religions du monde. Nous en célébrerons le 25e anniversaire en octobre.

Bernard Boulanger

Les anges existent-ls?

(RSJ 1019)

Suite à un précédent article "Est-ce qu'une personne peut jeter un sort ?" (sept-oct 2010), plusieurs abonnés sont revenus sur la question, dont Jeanne, qui écrit: "Sachez que le Seigneur m'a libérée d'un mal de dos sournois qui était l'origine d'une malveillance humaine." Mais si les esprits malveillants existent, il ne faut pas oublier les esprits bienveillants que Dieu a voulu à notre service...
Lundi 28 septembre 2008, en la fête des Saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël, le pape Benoit XVI a encouragé les fidèles à les invoquer avec confiance, rappelant qu'ils ont reçu une "mission particulière" dans le plan du salut de Dieu. "Chers frères et sœurs, ajoutait le pape, invoquons leur aide avec confiance, ainsi que la protection des anges gardiens, dont nous célébrons la fête le 2 octobre." Benoit XVI a rappelé que "la présence invisible de ces esprits bienheureux nous est une grande aide et d'un grand réconfort: ils marchent à côté de nous, ils nous protègent en toute circonstance, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment. Beaucoup de saints ont entretenu avec les anges un rapport de véritable amitié, et nombreux sont les épisodes qui témoignent de leur assistance dans des occasions particulières."
Il se trouve qu'un grand spirituel, le père Anselme Grün vient de faire paraitre "le petit livre des anges" (éditions Salvator). En voici quelques extraits : (p.14) "Les êtres humains ont tous un ange. Même si parfois nous nous sentons seuls, comme abandonnés, totalement livrés à nous-mêmes... Le tout est d'avoir confiance: nous ne sommes pas seuls. Et à partir de cette expérience, nous pouvons aussi devenir un ange pour d'autres hommes."

(p.22) "Le mot "Ange" vient du grec 'angelos', le messager. Augustin nous recommande de nous attacher moins à l'identité précise des anges qu'à leur tâche qui est de nous protéger, nous aider dans des situations déterminées, ou bien encore pour nous inciter à adopter les comportements dont nous avons besoin pour réussir notre vie."

Sur l'ange gardien (p.28) " Ce n'est pas seulement une dévotion enfantine. Croire à l'ange gardien nous permet également de découvrir les énergies bienfaisantes qui sont en nous...."

Pour transformer la souffrance (p.67) "Lorsque nous sommes tentés de refouler la souffrance des autres, l'ange de la compassion nous est nécessaire. Je souhaite qu'il donne des ailes à ton âme, qu'il t'entraine à vibrer au diapason de ceux qui souffrent autour de toi, afin que tu puisses partager leur peine et trouver une issue pour les sortir de la détresse, et que, au milieu de leurs difficultés, ils puissent emprunter le chemin d'une vie nouvelle.."

Prière aux anges gardiens (p.38) "Restez, vous les anges, restez auprès de moi ! Soyez à mes côtés pour guider mes pas... Apprenez-moi à rendre grâce au Très-Haut. Restez, vous les anges, auprès de moi !" Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur !

En conclusion, citons cet auteur anonyme: "Le bons amis sont comme les étoiles, vous ne les voyez pas toujours, mais vous savez qu'ils sont toujours là! " Bernard Boulanger

Pourquoi des pèlerins
vont-ils à Compostelle ? RSJ 1018

Suzanne nous demande : "Qu'est-ce qui attire tous ces pèlerins à Compostelle ? Comment saint Jacques, mort à Jérusalem, peut-il avoir son tombeau en Espagne ?"

Au IXème siècle, un vieil ermite de Galice en Espagne, appelé Pélage, est soudain distrait de sa contemplation nocturne par de bizarres lueurs dont s'éclaire tout un pan du ciel...En même temps, il voit apparaitre au firmament une étoile nouvelle, et, comme les mages de la nativité, il se demande si elle n'annonçait pas de grands événements. Au dessous d'elle, il y a un champ que les troupeaux refusaient de brouter. On gratte le sol à cet endroit et l'on découvre un tombeau de marbre dans lequel gisait un squelette. Alerté, l'évêque du lieu, Théodomir, vint inspecter ces restes qu'il authentifia aussitôt comme le corps de St Jacques le majeur en son entier.

Et voici ce que dit la tradition:

Après son martyre à Jérusalem, le corps de saint Jacques aurait été déposé dans une barque par ses disciples. Celle-ci, mystérieusement, (conduite par des anges ?) serait arrivée jusqu'à l'embouchure du fleuve Ulla en Espagne, afin que mort, le saint continuât de veiller pour les siècles sur ceux qu'il avait évangélisés après la pentecôte. Le lieu où l'on découvrit le tombeau prit alors le nom de "Compostelle" (champ de l'étoile).

Ce n'est qu'au XIIème siècle que l'on construisit un sanctuaire et le pèlerinage commença à prendre de l'ampleur en même temps que se développaient les pèlerinages en Terre Sainte.

Il faudra attendre 1884 pour que le pape Léon XIII confirme de son autorité la reconnaissance des reliques de St Jacques. Mais le renouveau du pèlerinage en France et dans toute l'Europe sera suscité par la publication du "guide du pèlerin", par Jeanne Vieillard en 1938, qui donnait des explications sur les quatre « voies » ou trajets aux étapes bien repérées : à partir d'Orléans, de Vézelay, du Puy et de Saint-Gilles.

Pourquoi un pèlerinage ?

Dans la tradition judéo-chrétienne, il y a eu de tout temps des pèlerinages. Jésus lui-même faisait chaque année le pèlerinage de Jérusalem avec ses parents. Cette démarche est une forme de prière, un temps consacré à Dieu. Le pèlerin se met à l'écart pour y refaire son âme et son corps, et il se rappelle que le pèlerinage est la condition même de l'homme en route vers le Royaume. L'épitre aux hébreux annonce aux croyants "qu'ils sont des étrangers et des voyageurs sur la terre" (11, 13).

Les condition peu banales de la venue du corps de St Jacques à Compostelle doivent-t-elles nous amener à considérer ce pèlerinage comme une démarche superstitieuse ? "On juge l'arbre d'après ses fruits", nous dit Jésus. Les 200.000 pèlerins venus de toute l'Europe en 2004 témoignent que quelque chose se passe en cours de route, avec les échanges entre pèlerins, et à l'arrivée, qu'il y a eu une purification de leur foi. Il y a aussi beaucoup d'incroyants qui sont dans une recherche de la vérité. Même s'ils ne trouvent pas tous la foi, ils découvrent une lumière dans leur vie. Alors, pourquoi ne serions-nous pas aussi des pèlerins : de Compostelle… de Lourdes... de Jérusalem... ou d’Allex ?

Bernard Boulanger

Que penser de l'euthanasie?

RSJ 1017

"Que penser de l'euthanasie lorsqu'il y a de trop grandes souffrances ?" telle est la question d'Alfred confronté au décès de l'un de ses proches qui a eu beaucoup à souffrir dans sa dernière maladie.

Nous savons que l'euthanasie, qui consiste à donner la mort à certains grands malades incurables, est une solution qui a été adoptée dans certains pays (La Suisse, les Pays Bas...). La souffrance pose un grave problème. Beaucoup disent: "Je n'ai pas peur de mourir, mais j'ai peur de souffrir." Une association s'est créée à Paris en 1980 : 'Association pour le droit de mourir dans la dignité'. Elle est assez puissante pour relancer le débat et réussir que le Sénat examine en janvier 2011 le projet de loi sur la légalisation de l'euthanasie.

Il y a effectivement des souffrances inhumaines qui n'ont plus rien à voir avec le salut. On connait le mot de Mgr Veuillot, Archevêque de Paris, décédé en 1964 d'un cancer. Peu de temps avant sa mort, il avait demandé que ses prêtres ne prêchent plus sur la souffrance, car disait-il, "ils ne savent pas ce que c'est". Il faut le dire malgré certains discours pieux, ce n'est pas la souffrance qui sauve, c’est l'amour. Bien sûr, on peut offrir sa souffrance, comme beaucoup de saints l'ont fait, mais il y a un seuil de souffrance qui enlève au malade toute possibilité de prier.

L'Eglise a précisé sa pensée : elle n'est pas favorable à "l'acharnement thérapeutique", elle permet les médicaments contre la douleur, même s'ils doivent avancer la fin de la vie, car ce qui est retenu dans la prescription, c'est l'intention de soulager le malade et non de le faire mourir. Après discernement des divers éléments en cause, on peut choisir, avec d’autres, de soulager le malade même avec le risque d’avancer la mort.

Rappelons ici la loi Léonetti (2005), qui semble assez peu connue des français. Elle permet d'arrêter certains traitements qui deviennent inutiles, si le malade le demande, avec le risque de hâter la fin de vie, mais en accompagnant le malade de traitements contre la douleur. Il ne s'agit pas ici d'euthanasie déguisée.

L'euthanasie qui consiste à donner directement la mort a été condamnée par la Congrégation pour la doctrine de la foi (5-5-1980): "Rien ni personne ne peut autoriser que l'on donne la mort à un être humain innocent, même un malade incurable ou agonisant, car il y a là une violation d'une loi divine, offense à la dignité de la personne, crime contre la vie, attentat contre l'humanité".

C'est ici qu'il faut parler des soins palliatifs qui, en plus du traitement contre la douleur, consistent à accompagner le malade par des personnes compétentes et formées pour ce service. Il y a actuellement 105 unités de soins palliatifs en France dans 105 hôpitaux. Espérons que ces unités vont augmenter, car là où le malade est suivi et accompagné, il ne demande plus à mourir. Comme le journal La Croix du 17-1-2011 l'écrit : 60% des français interrogés préfèrent des soins palliatifs à l'euthanasie.

Il restera toujours que la valeur morale d’un acte ne dépend pas de la seule législation qui est faite pour tous, ni de la popularité médiatique mais bien de la conscience éclairée de la personne libre. Ce qui est légal, ou majoritaire, n’est pas, pour autant, moral.

Bernard Boulanger

On est sauvé
quand on est devenu sauveur

En cette période de l’année nous recevons beaucoup de vœux de votre part, merci, chers lecteurs. Mais vous nous demandez aussi ce qu’il faut mettre de personnel dans ces formules toutes faites. Nous voudrions tant qu’elles disent le meilleur à chacun. Qu’est-ce que nous pouvons souhaiter de mieux à nos amis ?

Je vous réponds avec le titre ci-dessus par lequel le Père François a exprimé ses vœux aux handicapés de sa fraternité à Noël 1970. On veut que ceux qu’on aime soient « sauvés » de la crise économique, du chômage, de la maladie, de la violence, etc. mais, nous dit le Père François, on n’est sauvé que si l’on devient soi-même sauveur.
Voici des extraits de son texte. Le P. François parle à des handicapés : « Comment voulons-nous sauver celui qui est sur un fauteuil roulant… Celui qui est désespéré… Celui qui clame sa souffrance, son impuissance, et qui en veut à Dieu d’être ainsi ? Comment les sauver ? En leur montrant votre pitié ? Attention ! Vous allez ou bien les irriter, ou bien en faire des enfants gâtés (des assistés) enfoncés plus encore dans leur handicap. En leur apportant votre amitié fraternelle ? Et vous direz : “Ils sont sauvés” ? Non, pas encore. Ils ne sont sauvés que quand ils sont devenus sauveurs, quand ils auront sauvé quelqu’un. »
Cela va commencer par de petites actions : il est allé voir son voisin par amitié. Il a rendu un service… Il a fait rentrer le bonheur dans un foyer. Il a pris des responsabilités pour que tout un groupe soit plus heureux. Et un jour, toute sa vie est prise par les autres. Il ne s’appartient plus.
Il est devenu un « sauveur ».
Et ici, comment ne pas citer ce bel exemple dans la vie de l’Abbé Pierre. Je le cite : « Un jour, on vient me chercher pour secourir un homme qui avait tenté de se suicider (il était rentré du bagne, il avait alors trouvé sa femme avec un autre, sa fille et ses petits-enfants qui ne le connaissaient plus…). Désespéré, il veut mourir, il se rate, on m’appelle… Je lui dis : “Georges, tout ce que tu me racontes est épouvantable mais je ne peux rien pour toi. Mais toi ? Tu veux mourir… Avant de te tuer, viens me donner un coup de main, après, tu feras ce que tu voudras.” »
Et Georges, qui s’y connaissait en construction, a aidé l’Abbé Pierre à construire une maison pour les sans-abri. Et tout est changé pour lui. Il n’est plus de trop, il est nécessaire. Et cet homme, devenu compagnon d’Emmaüs, a trouvé le bonheur dans sa vie,
il n’avait plus envie de se suicider.

Nous venons de fêter Noël, c’est-à-dire Jésus dont le nom signifie « Sauveur ». Aucun homme n’est sauvé que par Lui. Aucun homme n’est sauveur qu’avec Lui. Si chacun de nous est résolu pendant toute cette année 2011 à être sauveur de ses frères comme Jésus et avec Lui, il pourra avoir devant lui la plus belle année de sa vie
et sûrement la plus heureuse.

Alors bonne et heureuse année !
P. Bernard Boulanger

Est-ce qu’une personne
peut jeter un sort ?
Thérèse, une abonnée, nous écrit : « Il se trouve que mon mari a une tante très méchante. Elle a failli briser deux ménages, le mien et celui de mes enfants […]. Il se passe que lorsque je pense à elle, mon mari et moi avons une grande dispute toute la journée. Si vous pouvez m’éclairer à ce sujet, je serai moins stressée : est-ce qu’une personne peut jeter un sort ? »

Il y a deux attitudes extrêmes face à la sorcellerie ou la magie (noire ou blanche) dont il faut se garder et une troisième à cultiver.
1. Dire que tout cela n’a aucun fondement et relève seulement de l’obscurantisme des siècles passés ou de certains pays arriérés. C’est ainsi qu’au XVIII?e siècle, Voltaire se moqua dans son Dictionnaire philosophique des croyances et autres esprits pernicieux.
Benoît XVI, dans une homélie du 23 mars 2009, répond que le Christ a lutté contre les puissances de la mort et les pouvoirs occultes et en a triomphé : « Toute l’Église, à ses débuts, croyait que le pouvoir que les apôtres et les premiers chrétiens avaient sur le mal et les esprits mauvais était considéré, avec les prophéties et les miracles, comme une preuve du salut. Est-ce que l’Église aujourd’hui ne croirait plus aux démons ? L’existence d’exorcistes officiels dément cette hypothèse. »

2. L’attitude opposée serait d’accorder une telle crédulité aux manifestations des démons que l’on finirait
par vivre dans la peur et l’angoisse perpétuelles… En Afrique, où j’ai passé quelques années, les missionnaires ont été les témoins de croyances aux esprits (dans le cadre de l’animisme). On trouvait souvent aux maladies des causes qui n’étaient pas naturelles, venant de jeteurs de sorts ou de sorciers liés au diable. Alors la guérison n’était pas cherchée d’abord au dispensaire ou à l’hôpital, mais chez un autre sorcier.
Même en France, la sorcellerie peut tirer son efficacité de la fascination irrationnelle qu’elle inspire. Il faut savoir que, dans notre pays, 50 000 personnes consultent les voyants chaque année et que le marché s’élève à € 3,20 milliards ! L’abbé Jean Vernette écrit : « En ce temps de crise et de panique, on se tourne vers le mage, le devin ou vers le gourou. »
Dans certains cas, on peut penser que la sorcellerie marche seulement si la victime adhère à de telles croyances. Alors, cette « victime » ne serait-elle pas victime d’elle-même, victime de ses croyances au magique ?

3. Oui, il y a dans le monde une puissance du mal. Nier l’existence du démon, c’est faire aussi son jeu, car il aime travailler dans l’ombre. Mais voir le démon partout, craindre ses interventions dans tous les événements de notre vie, c’est subir sa loi car la peur est la matière première avec laquelle il agit. Saint Paul écrit à ses chrétiens : « Vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclaves et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : “Abba, Père”» (Rom 8, 15).
Jésus a vaincu Satan. À sa suite, nous pouvons aussi le vaincre (en particulier par le jeûne et la prière). Le Curé d’Ars comparait le diable à un chien enragé mais attaché. Il n’est dangereux que si l’on s’approche de lui et si on se laisse séduire.
L’Église prend au sérieux les manifestations présumées du démon, mais elle contrôle avec attention leur authenticité. Un exorciste est nommé par l’évêque dans chaque diocèse. Il travaille souvent de concert avec des psychiatres car, pour le plus grand nombre de cas qui leur sont présentés, il y a une pathologie du sujet qui relève de la psychiatrie.
Je conclus en reprenant votre question : « Est-ce qu’une personne peut jeter un sort ? » On voit mal comment Dieu pourrait permettre au démon, ou à quelqu’un lié au démon, de nous faire du mal à notre insu, sans notre complicité ou notre consentement… Alors, Thérèse, selon le conseil donné dans la Revue de juillet, priez pour la tante de votre mari qui doit avoir aussi ses problèmes, et l’Esprit Saint apaisera votre cœur.

P. Bernard Boulanger
Prier pour les autres

Dans l’une de vos lettres, Solange, vous écrivez : « Je demande si c’est vrai que prier pour les autres efface une multitude de péchés » ? Vous aviez lu cette phrase dans un livre de spiritualité… En fait, cette affirmation s’inspire d’une autre citation de saint Pierre dans son épitre (1 P 4,8) « L’amour couvre une multitude de péchés. »

R/: Prier pour les autres peut avoir mauvaise presse, cela peut être une façon d’éviter de s’engager concrètement. Saint Jacques écrit dans son épître (2, 15-16) : « Si un frère ou une sœur n’ont rien à se mettre et pas de quoi manger tous les jours, et que l’un de vous leur dise : “Allez en paix, mettez-vous au chaud et bon appétit, sans que vous leur donniez de quoi subsister, à quoi bon ?” On pourrait dire aussi : “Je prierai pour vous […]” » et ainsi s’en tirer à bon compte. Mais, plus loin, saint Jacques affirme : « La requête du juste agit avec beaucoup de force. » Solidarité avec les frères Ce qui me conduit à prier pour les autres, c’est la compassion que je ressens pour leurs souffrances. Je dis bien « compassion », et non pas « pitié ». La pitié, c’est regarder l’autre d’en haut, alors on fait une aumône en passant pour soulager sa conscience. La compassion, comme son nom l’indique, c’est « souffrir avec », c’est se sentir frère de celui ou de celle qui est dans l’épreuve. « Ainsi, saint François d’Assise, dans son baiser au lépreux, montre que l’amour, la compassion, le remuement des entrailles provoqué par la souffrance de l’autre est
possible » (S’ouvrir à la compassion, Thierry Collaud, p. 40). Le fondement de cette compassion, de cette possibilité de souffrir avec, vient de notre solidarité de membre du même corps du Christ : « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Cor 12, 26). La prière d’intercession La Bible nous donne l’exemple de plusieurs intercesseurs qui ont prié pour les autres : Abraham, priant pour les habitants de Sodome (Gn 18, 16-33), Moïse, priant pour son peuple qui a fauté avec le veau d’or (Ex 32, 11-14) et, enfin, Jésus, intercédant pour tous les hommes (He 7, 22-25 ; 10, 5-10). L’Église a continué ce rôle d’intercession. Nous le voyons dans la prière universelle, à chaque messe dominicale, après le credo, on évoque ceux qui sont engagés dans l’Église et la société, ceux qui sont dans l’épreuve, les pécheurs, etc. Cette prière officielle de l’Église est solennisée le Vendredi saint, après la lecture de la Passion du Christ. Prier pour ses ennemis Dans la loi nouvelle que le Christ nous donne, on lit : « Aimez vos ennemis… bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient » (Lc 6, 27-28). Il semble impossible d’aimer un ennemi qui est en train de nous frapper. Humainement, on ne peut lui pardonner. Mais ce qui est toujours possible, c’est de prier pour lui. Ainsi, sur la croix, Jésus n’a pas dit aux soldats qui le clouaient et à la foule qui l’insultait : « Je vous pardonne », mais il a prié son Père pour leur pardonner : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Étienne, le premier martyr, aura la même prière pour ceux qui sont en train de le lapider : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ! » (Ac 7, 59). Victime des nazis en 1945, le pasteur Bonhoeffer : « Quand je prie pour un frère, je ne peux plus, en dépit de toutes les misères qu’il peut me faire, le condamner ou le haïr. Si odieux et si insupportable que me soit son visage, il prend au cours de l’intercession, l’aspect de frère pour lequel le Christ est mort, l’aspect du pécheur gracié. Quelle découverte apaisante pour les chrétiens que l’intercession : il n’existe plus d’antipathie, de tension ou de désaccord personnel dont, pour autant qu’il dépend de nous, nous ne puissions triompher. » Conclusion Alors, prier, est-ce « se dérober à une action d’aide ? » La prière pour autrui, change notre regard et notre cœur, c’est voir ce frère ou cette sœur avec le regard du Christ compatissant. L’épreuve ou la tentation qu’il subit deviennent à ce point notre préoccupation que tôt ou tard, nous allons trouver l’occasion d’agir et de nous engager. Non, la prière n’est pas une fuite devant la misère des autres, elle est le chemin d’un amour authentique, l’amour même de Dieu qui vient nous habiter.
Alors oui, indirectement, la prière conduit à la charité et peut contribuer à couvrir une multitude de péchés.
P. Bernard Boulanger
Pourquoi le péché contre l’Esprit Saint
ne peut-il être pardonné ?

Simone nous pose une question délicate :
« qu’est-ce que ce « péché contre le Saint Esprit »
qui ne sera jamais pardonné ?
Le Saint Esprit, on ne le connaît pas bien.
Il est amour et vie ; il intrigue et il effraie !

Ces paroles de Jésus auxquelles vous faites allusion, Simone, sont dans l’Evangile de Mathieu : « Tout péché et blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit
ne sera pas pardonné.
Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’Homme, cela lui sera remis, mais s’il parle contre l’Esprit-Saint,
cela ne sera remis, ni en ce monde, ni dans l’autre »
(Mt 12, 31-32).

Oui, nous pouvons être intrigués par ces versets : comment Dieu, qui est miséricorde, peut-il dans certains cas ne pas pardonner ? Et pourtant, saint Paul écrit aux romains : « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rom 5, 20). Jésus ne dit-il pas qu’il est venu « non pour les justes mais pour les pécheurs » ? (Mt 9,13).
Cependant, si Dieu ne pardonne pas, est-ce à cause de son refus de pardonner ou de notre incapacité à recevoir son pardon ? Prenons un exemple dans la prière du Notre Père que Jésus a enseignée à ses apôtres et que nous récitons si souvent. Nous disons des centaines de fois : « Pardonne-nous nos péchés comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Voici le commentaire de Jésus qui suit la prière : « Oui, si vous pardonnez aux hommes, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos manquements » (Mt 7,14-15). En effet, refuser soi-même de pardonner, c’est se rendre incapable de comprendre le pardon de Dieu, et donc de le recevoir :

le courant ne passe plus,
mais c’est nous qui l’avons coupé, non pas Dieu.
Mais prenons un autre passage de l’Evangile qui précède ce fameux verset sur le péché contre l’Esprit-Saint, c’est en Mt 12, 22-24. Jésus vient de guérir un possédé aveugle et muet qui se met de nouveau à parler et à voir. La foule est dans l’admiration : « N’est-il pas le Fils de David ? » Mais les pharisiens, entendant cela, dirent : « Celui-là n’expulse les démons que par Beelzeboul, le prince des démons ! » Jésus va alors expliquer que Satan ne peut pas agir contre lui-même, ce serait sa perte… Et il en arrive à dénoncer « le blasphème contre l’Esprit-Saint » : c’est le péché des pharisiens. Jésus, par ses guérisons, donne des signes messianiques (les prophètes avaient annoncé que le messie viendrait quand les muets parleraient, que les aveugles verraient, et que les boiteux marcheraient…) La foule se demande s’il ne serait pas le messie (fils de David), mais les pharisiens, contre toute évidence, se braquent dans leur opposition à Jésus, car il remettrait en cause leurs idées et leur vie, alors ils l’accusent d’agir avec la force du démon ! C’est ce qu’on appelle « la mauvaise foi »,

contre laquelle Jésus ne peut plus rien,
car il s’adresse à des hommes libres
qui ont le pouvoir de refuser la grâce du salut.
Citons ici Maurice Zundel : « L’amour ne peut jamais contraindre, il se détruirait lui-même. L’amour est essentiellement une communication totalement libre et qui appelle à susciter la liberté… Dieu ne voulait pas créer des robots, il voulait créer des esprits, des êtres qui ne subissent pas leur vie, c'est-à-dire libres d’eux-mêmes… et le Christ, dans sa passion, exprime cet échec de Dieu qui est inévitable si l’amour ne peut qu’aimer. »
Mais, du haut de sa croix, dans cet échec apparent, Jésus demande à son Père de pardonner à ceux qui le frappent et le mettent à mort : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Car ses bourreaux ont pu se tromper de bonne foi. Restent ceux qui semblent se durcir dans leur aveuglement et leur refus de Jésus : voilà l’enfer, là où l’amour est repoussé et qui est une limite au pouvoir de Dieu. Reste aussi la question : cet enfer, qui est déjà pour certains une réalité sur cette terre,
existe-t-il dans l’au-delà ? Il est une possibilité,

mais rien n’oblige
à croire que des hommes y soient entrés,
même Judas a pu au dernier moment changer son cœur.
Mais, d’un autre côté, rien ne nous assure qu’il n’y ait pas de damnés, c’est la possibilité laissée à la liberté de l’homme. Alors, Jésus nous met en garde, comme le ferait une maman avec ses enfants devant un précipice. Ecoutons ses avertissements et laissons l’Esprit d’amour transformer nos cœurs et avec notre liberté, répondre à son amour.

P. Bernard Boulanger
Tout est grâce !

Voici une lettre d’une lectrice qui pose la question des difficultés de la vie et amorce une profonde réponse que je voudrais prolonger par une réflexion.

« Mes soucis de santé se sont aggravés avec une hospitalisation le mois dernier et peut-être une autre dans les jours à venir. Compte tenu des autres pathologies qui ont vu le jour, je choisis plus que jamais, de vivre cela avec le Christ. Devant la dégradation de mon état, j’ai demandé à nouveau le sacrement des malades. Après l’avoir préparé avec « le serviteur soufrant » d’Isaïe, j’ai eu la joie d’en accueillir les grâces, vie, force, vigueur et joie. Le combat contre la maladie continue et de toute façon, je suis créée pour la vie ». ( J. R. 23/11/09)

Pour nous aider à affronter l’année 2010, je vous propose un extrait d’une circulaire du Père François, fondateur de la fraternité des malades et handicapés (dont nous fêterons le 25ème anniversaire de sa mort l’an prochain, le 3-2-2011) : « Les ‘pépins’ de l’existence, écrivait le P. François à Noël 1969, les ennuis de chaque jour, peuvent devenir des semences de vie. -J’attendais quelqu’un pour m’aider, il ne peut pas venir. - J’avais arrangé mon plan de journée, une visite imprévue et il faut tout changer. - J’allais sortir… et voilà la pluie. - La plaie se fermait, la voilà qui suppure de nouveau. »

Les pépins peuvent être semences

Les pépins ne manquent pas tout au long de nos journées et ce sera bien souvent le cas en cette nouvelle année. On peut réagir par une attitude sombre, ‘geignarde’ qui nous enténèbre et pèse sur l’entourage. « Mais justement, dit le P. François, ne pourraient-ils pas devenir des ceps de vigne aux raisins succulents ?

Cette aide qui vous manque, vous forcera à faire tout seul l’ouvrage et vous en serez fier. Le plan de journée modifié vous conduira à faire preuve d’initiative. Toute vie humaine digne de ce nom nous oblige sans cesse à faire face… ». Et on pourrait ajouter cette année : la crise et la pénurie vont aider l’écologie pour le respect de la nature.

Ainsi, en toute occasion, Dieu donne toujours un moyen d’utiliser les événements, en particulier les épreuves, pour rebondir, redresser la tête. Ce que l’on appelle aujourd’hui ‘la résilience’. Dans un langage théologique on dit : ‘Tout est grâce’ Tout est donné pour notre bien si nous savons l’accueillir.

Les tuiles peuvent bâtir

Il y a les pépins. Il y a aussi les ‘tuiles’, les malchances, qui nous tombent dessus sans crier gare et qui peuvent avoir des répercussions importantes dans notre vie. « Ce deuil inattendu, poursuit le P. François, cette maladie qui va changer mes projets… Mais les tuiles peuvent aussi servir à la construction pour bâtir autre chose. Pensons à saint Joseph affronté au contre-temps du recensement, juste au moment où sa jeune épouse doit enfante ; ensuite c’est la naissance en catastrophe dans une étable, et la fuite à l’étranger devant la police d’Hérode. En fait, ce sont ces ‘tuiles’ qui vont servir à bâtir l’arrivée du Fils de Dieu sur terre. »

Alors, quoiqu’il nous arrive, ‘pépins’ ou ‘tuiles’, accueillons tout comme une grâce de Dieu, pour découvrir et faire les choses merveilleuses que Dieu nous propose. Semons et construisons ! BonneAnnée !

Bernard Boulanger
"Confiance, ma fille, ta foi t’a sauvée"

Le secrétariat de la Revue reçoit des demandes d’allumer des veilleuses devant la statue de saint Joseph ou d’envoyer des médailles ou autres objets bénits. Nous le faisons ; mais comment pouvez-vous faire de ces démarches un acte de foi ? .

Commençons par relire l’Évangile : « Une femme atteinte d’un flux de sang depuis douze années, avait entendu parler de Jésus ; venant par-derrière dans la foule, elle toucha son manteau. Car elle se disait, “si je touche au moins ses vêtements, je serai sauvée.” Aussitôt, la source d’où elle perdait son sang fut tarie, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son infirmité. Aussitôt Jésus eut conscience de la force qui était sortie de lui, et s’étant retourné dans la foule, il demandait : Qui a touché mes vêtements ? Ses disciples lui disaient : Tu vois la foule qui te presse de tous côtés et tu demandes : Qui m’a touché ? Et il regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela. Alors, la femme, toute craintive et tremblante, sachant bien ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. – Confiance, ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton infirmité » (Mc 5, 25-34).
Cette femme malade au milieu de la foule a eu accès à Jésus grâce au bout de son manteau. La guérison s’accomplit, mais Jésus réagit : il appelle la femme à dire sa foi. Il veut donc montrer que ce qui a déclenché la guérison, ce n’est pas le bout de tissu qui a été touché mais la confiance de cette femme envers lui. « Confiance, ma fille, ta foi t’a sauvée ! »
La guérison n’a pas été magique, mais elle est venue comme une réponse à la foi de cette femme. La femme est sauvée, non seulement de sa maladie, mais elle devient disciple de Jésus. À d’autres occasions, Jésus donne toujours le même enseignement. Au lépreux, revenu guéri pour rendre grâce, Jésus dit : « Relève-toi, pars, ta foi t’a sauvé » (Luc 17, 19). Il est guéri de sa lèpre et il reçoit le salut de Jésus. Par contre, Jésus est bloqué, il ne peut pas accomplir de miracles, s’il ne trouve pas la foi. En Luc 13, 58, à Nazareth, « il ne fit pas beaucoup de miracles à cause de leur manque de foi ».
Comme la femme malade au milieu de la foule, notre foi s’exprime souvent à travers des objets qui sont comme des intermédiaires pour notre prière. Ce qui est important alors, ce n’est ni la veilleuse, ni la médaille, ni tel ou tel objet bénit mais c’est notre confiance et notre prière qui l’accompagnent. J’ai trouvé ce beau texte dans une église : « Allumer un cierge, c’est un acte de dévotion. Il ne s’agit pas d’un geste magique pour obtenir telle ou telle faveur, mais d’un véritable prolongement de la prière […]. Cette flamme vacillante, toute petite, toute menue est l’emblème même de ma prière, faible, insignifiante mais tenace. Elle semble me dire : Va, va rejoindre le monde qui t’appelle. Moi, je reste, je porte ta prière, je demande à ce saint devant qui tu l’as déposée de porter ta prière devant Dieu… »
Le port d’une médaille ou d’un objet bénit a aussi toute sa valeur par la confiance et la foi de celui qui la porte. Elle l’aide à consacrer son corps et toute sa vie à Dieu par l’intermédiaire de Marie ou de saint Joseph et ainsi de trouver une sécurité, une sérénité par celui ou celle à qui il a confié sa vie. Mais, en aucun cas, ces objets ne peuvent être considérés comme des talismans qui opéreraient automatiquement. Par eux, Dieu accorde sa paix, il aide les personnes dans les problèmes de leur vie ; mais, comme pour toute prière, Dieu ne répond pas toujours à notre façon, mais à la sienne (comme le dit cette lectrice de Saint-Étienne-du-Mont). Ainsi, le port de la médaille miraculeuse n’est pas une garantie absolue contre les accidents de la route…
Dieu connaît nos besoins avant que nous les lui disions et il nous aime toujours. La prière n’agit pas sur Dieu pour qu’il fasse ceci ou cela, mais Dieu y agit sur nous pour nous transformer en son amour. En toute occasion, il a besoin de notre confiance.
P. Bernard Boulanger
(1006 - Mai 2009)

Actualités :

La Fraternité Saint-Joseph  vient de publier un livre de spiritualité et de prières à Saint Joseph  (200 pages petit format à 8 €).   Vous y trouverez la place qu'a eue Saint Joseph dans la vie de l'Eglise officielle ou  populaire, des prières anciennes et des prières pour le monde et l'Eglise d'aujourd'hui.                Vous pouvez le commander par courrier à Fraternité Saint Joseph     4 Montée de la Butte 26400 ALLEX.

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