Maison et sanctuaire saint Joseph Allex
Maison et sanctuaire saint Joseph Allex

Silence et contemplation.

Jamais la maison Saint Joseph d’Allex n’a été plongée dans une tranquillité, un calme comme celui que nous connaissons en ce moment : les grandes portes qui donnent sur la rue restent inexorablement fermées ; le parc qui en temps normal fait la joie de tant de visiteurs ne présente sa beauté printanière qu’aux 8 confrères de la communauté. Les arbres fruitiers qui s’y trouvent sont en fleurs, et autour du bassin, les grenouilles entretiennent un arrière-fond musical.

Les étapes d’une vie

Depuis la fondation de l’école apostolique des petits clercs à Beauvais en 1875, l’œuvre a été placée sous le patronage de Saint Joseph. Il l’a accompagnée à travers les vicissitudes du temps. En 1889, l’école s’est installée à Seyssinet (Grenoble), en 1904 à Suse (Italie), et en 1920 à Allex. A partir de 1999, l’école a fermé ses portes. Les bâtiments ont été transformés petit à petit en centre d’accueil.

En cette année du centenaire de la présence des spiritains à Allex, il convient de remercier solennellement saint Joseph de son compagnonnage à toutes ces étapes. Lui qui avait protégé la Sainte Famille contre la fureur assassine d’Hérode, a manifesté à plusieurs reprises ses talents de protecteur à notre égard. Il nous a guidés en temps ordinaire, mais aussi aux moments des déplacements imposés à l’école, et encore lorsque ce lieu aménagé en école a retrouvé une nouvelle vocation, celle de maison d’accueil.

Des festivités plus intérieures

Le 19 mars aurait dû être un sommet de cette année du centenaire, mais le confinement dû au covid-19 nous a orientés vers une solennité plus cachée que celle que nous avions envisagée. Le concert « Redemptoris Custos » (Gardien du Rédempteur) prévue le dimanche le 15 mars n’a pas eu lieu, la veillée de prière et d’adoration du 18 mars préparée par la Fraternité St Joseph non plus ; et la messe solennelle, qui d’année en année rassemblait beaucoup de monde, n’a pas pu être célébrée.

Ces grandes manifestations ont été condensées en une fête non moins solennelle, mais plus intérieure. Nous nous sommes laissé enseigner par la discrétion et le silence de Saint Joseph. Son silence n’était pas simple absence de parole, il était contemplation de Dieu. Son silence était un émerveillement de la présence de Dieu le Père en lui semblable à celui des parents qui contemplent l’enfant qu’ils viennent de mettre au monde. Il n’y a pas de paroles pour exprimer ces réalités. Il n’y a que le silence qui permet de les dire.

Nous souhaitons malgré tout que cette période ne nous prive pas du pèlerinage St Joseph qui devrait avoir lieu les 16 et 17 mai (sous réserve des dispositions gouvernementales et obligations de confinement en vigueur à ces dates).

Proximité dans la prière

Cependant, le coronavirus qui éprouve durement la santé des populations et qui met l’économie de nombreux pays en berne, n’est pas que négatif. Il nous pousse à réfléchir au sens de la vie, à relativiser notre modèle de développement, il invite ceux qui veulent aller plus loin, à approfondir la foi comme je viens de le dire. Sans doute, nous ne sortirons pas de ce tunnel du confinement comme nous y sommes entrés. Pour nous en tout cas, ce temps de silence est un moment privilégié pour porter dans la prière tous nos amis et correspondants : nous sommes encore plus près de vous que jamais dans ces moments difficiles.

Pierre-Marie Gaschy


 


 

Fraternité

La fraternité ! Plus qu'un joli mot ou une devise, c'est une valeur que nous nous efforçons de vivre quotidiennement. La Banderole accorchée cet hiver au clocher du sanctiaire "Allex, village fraternel" nous le prappelait surtout au moment où la tentation peut être forte de fermer sa porte à l'étranger ou au migrant.

 

La communauté  : lieu de fraternité

En tant que membre de la communauté religieuse spiritaine, nous avons à vivre comme des frères, voulant témoigner au delà de nos différences, la communion et la solidarité éntre nous. Sans être des hommes d'exception, nous choisissons de vivre cette fraternité en communauté pour accomplir notre mission...

C'est un point important qui nous est soucent rappelé par nos hôtes : certains venus pour se reposer et profiter du cakme, d'autres en famille ou en associations diverses pus ou moins proches de l'Église.

Beaucoup son sensibles à la présence d'une communauté religieuse. Quelques-uns signalent la chance qu'ils ont eu de partager notre prière quotidienne. C'est à la fois un encouragement et un défi pour nous. L'objectif est là : faire de Saint-Joseph d'Allex une "maison fraternelle" grâce à la simplicité et à la convivialité que nous voulons développer.

 

La maison Saint-Joseph et nos fraternités

En évoquant la fraternité nous ne pouvons pas passer sous silence nos Fraternités, liées à la Congrégation du Saint-Esprit, et à la vie de la maison. Deux fraernités "Esprit et Mission" existent . l'une à Allex, l'autre à Valence... Elles vivent à leur manière la spiritualité dez nos fondateurs "un seul coeur, une seule âme" et participent ainsi à la construction de la fraternité entre nous.

La Fraternité saint Joseph est liée à l'histoire de notre maison et a surtout vocation de promouvoir la dévotion à saint Joseph. Ces fraternités, chacune à sa façon, participent à la mission d'accueil et doivent témoingner de cette communion qui nous fait vivre. Il s'agit en définitivé  pour elles comme pour nous tous " de chercher à vivre l'Évangile chaque jour pour le service d'une mission : l'engagement au service du Christ"

 

P. Etienne Lefèvre, supérieur de la Communauté

Accueil

C'est un mot qui revient souvent: accueillir l'hôte, l'étranger, le réfugié, le migrant. Lourd de sens, il nous engage dans nos relations avec les autres. Accueillir n'est pas facile car c'est accepter d'être dérangé dans sa vie et même bouscullé... Joseph et Marie en ont fait l'expérience à Bethléem. Plus ou moins consciemment et souvent pour de bonnes raisons, nous fermons notre coeur à celui qui vien de manière inattendue. Pas de place pour lui! Et si ce "lui" c'était le Christ, celui que nous ne savons pas reconnaitre...

Occasion de belles rencontres

Notre maison Saint-Joseph met en oeuvre depuis plusieurs années son projet d'accueil. Cela permet de faire de belles rencontres avec des personnes qui ne partagent pas forcément nos convictions, mais qui sont sensibles à la présence d'une communauté religieuse missionnaire. Quoi de plus inédit que de recevoir dans un même week-end des scouts musulmans et des éclaireurs unionistes protestants ! Occasion propice d'une meilleure connaissance et de respect mutuel dans la différence...

Ouverture missionnaire

Ce genre d'accueil nous conforte dans dimension missionnaire : notre maison se fait lieu d"échanges, de partages, de solidarités. Saint Joseph nous accompagne sur ce chemin et nous aide à être fidèles à cette vocation d'hospitalité. Lui-même, maintes fois bousculé dans son projet de vie a su garder confiance dans les événements les plus inattendus et les plus déconcertants.
Puisse-t-il rester notre compagnon de route. Il saura nous aider dans les événements à venir, si nous avons confiance en lui, pour y discerner la volonté du Seigneur et grandir, jour après jour, dans notre vocation d'enfants de Dieu.

 

P. Etienne Lefèvre, supérieur de la Communauté

Les chrétiens dans le monde

Jean Savoie

Le chrétien, frère universel

Dans la conscience spontané de chacun, la fraternité se limite à la vie familiale. Le lien du sang est reconnu par tous. Tout le monde se fait une obligation d'assumer la responsabilité des relations qui en découlent même si des événements douloureux peuvent casser cette conscience spontanée et cela peut aller jusqu'à la rupture la plus triste que vivent certains frères ennemis.

La conscience fraternelle naturelle, parentale ou filiale, est faite de relations faciles et profondes qui n'ont pas besoin d'explication et englobent toute la vie. On connaît la réplique d'une fillette, portant un petit enfant sur le dos, À un touriste qui avait voulu exprimer sa compassion en lui disant :"Tu portes là un bien lourd fardeau!"La fillette avait répondu :" Ce n'est pas un fardeau, monsieur, c'est mon frère" (...) ...Suite...

La conscience sociale élargit la fraternité à divers autres groupes: famille élargie, tribu, nationalité, ou aute distinction apparente, sans galvauder le beau titre de frère ou de soeur. La conscience chrétienne met la fraternité à un autre niveau de réalité. Les premiers chrétiens se disaient frères entre eux comme on le voit dans les lettres de saint Paul. On pourrait dire que c'est aussi une fraternité de sang, puisque c'est la communauté de ceux qui se reconnaissent "sauvés" par le sang de Jésus Christ. Cette vérité de base dans la foi chrétienne fonde les relations réciproques de la vie nouvelle reçue au baptême en toute vérité.
De plus, le chrétien se reconnaît frère de tout homme, frère universel, parce qu'il sait que le Christ est mort pour tous les hommes et que tout homme est appelé à le reconnaitre en a&cceptant la foi chrétienne. Cette relation fraternelle n'est pas reconnue par celui qui n'est pas chrétien mais elle modèle le regard du chrétien sur les autres. Elle est propre au christianisme qui qualifie les relations vers les autres, non de simple altruisme ou de généreuse solidarité, mais de fraternité effective et afffective qui est bien exprimée dans la vie du Bienheureux Charles de Foucault qui a voulu être "Frère universel".

Nos voeux chaleureux de bonheur présent et futur vont à tous les hommes, à tous nos lecteurs et à tous ceux qui, selon leur condition chrétienne, fondent leur fraternité sur ce Grand Frère, Seigneur et Sauveur de tous, dans sa vie, dans sa mort et dans sa résurrecxtion.

P. Jean Savoie

Vivre notre condition chrétienne dans le monde
Malraux a décrit la difficile Condition humaine, heureuse ou tragique Balzac a développé La Comédie humaine et Dante a présenté la Divine Comédie. Il nous faut aussi prendre conscience de la condition chrétienne dans le monde actuel pour y vivre dans la sérénité de notre foi, en sachant combien cette condition peut être éprouvante pour certains d’entre nous.

Les premiers chrétiens ont su noter leur condition particulière dans ce texte anonyme du IIe siècle appelé la Lettre à Diognète. Cette apologie, peut-être rédigée à Alexandrie vers 190-200, est adressée sous forme de lettre à un païen de haut rang nommé Diognète.
« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou les rêveries d’esprits inquiets ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine…

Ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre.

Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants. […] Ils prennent place à une table commune, mais ce n’est pas une table ordinaire.

Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies. […] Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne. […] Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs.

En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de déserter. »

Nous voudrions, au cours de quelques numéros de la Revue Saint-Joseph d’Allex, réfléchir à notre condition actuelle de chrétiens. Nous le faisons en esprit de missionnaires qui cherchent aussi à proposer l’Évangile dans divers pays du monde.

P. Jean Savoie

QUE NOS VIES SOIENT PRIÈRE
La prière surgit spontanément dans le cœur de l’homme aux grands moments de sa vie.

C’est comme une exclamation au plus profond de l’être : « Seigneur Dieu » ! Cri d’admiration devant un spectacle grandiose de la nature, ou cri d’horreur devant une catastrophe qui vient de frapper lourdement, ou débordement de joie intérieure lors d’une grâce reçue. La prière chrétienne est bien plus qu’une exclamation !

C’est une relation ; c’est un dialogue qui s’établit avec Dieu sur tout ce qui fait notre histoire et notre espérance. La prière chrétienne, c’est notre présence à Dieu là où notre vie se crée et se réalise dans la lumière de son amour.C’est justement pour cela que l’Esprit Saint nous a été envoyé : « L’Esprit que le Père vous enverra en mon nom, vous enseignera toute chose » a dit Jésus à ses apôtres.

L’Esprit en nous est la forme définitive de la Présence de Dieu. « Nous viendrons chez lui et nous y ferons notre demeure » L’Esprit nous affirme que nous sommes enfants de Dieu » (Rom 8, 14-17). Il nous pousse à appeler Dieu « notre Père ».

Il suscite la prière en nos cœurs et nous fait voir en Dieu tout ce qui fait notre vie.

« Nul ne peut dire ‘Seigneur’ qu’en l’Esprit de Dieu ».

Ainsi notre prière est louange et acclamation devant la réalisation du dessein de Dieu en nous et dans l’Eglise.

La prière est reconnaissance et remerciement en l’Esprit pour toute grâce sur les hommes.

La prière est intercession de l’Esprit en gémissements inénarrables pour toute détresse humaine.

Seule l’Esprit nous aide à prier « comme il faut ».

Inspirée par l’Esprit notre vie elle-même est prière, prière de louange, de remerciement, d’intercession, de don de soi.

Notre vie est engagement au service du dessein de Dieu et du bien des hommes,

pour contribuer à la construction du Royaume de justice et paix que l’Esprit nous suggère de construire.

Dans ces pages, après le témoignage sur l’après-midi du Pèlerinage et le reportage sur le travail des Spiritains à Taïwan,

vous pourrez laisser l’Esprit Saint vous inspirer la prière du cœur qui fait de toute notre vie une prière.

Jean Savoie